Viols collectifs : les auteurs jugés 10 ans après les faits

Quinze mineurs vont se retrouver devant la justice. Ils sont accusés de viols collectifs entre 1999 et 2001 sur deux adolescentes qui étaient alors âgées de 15 et 16 ans. - -
Quinze mineurs vont se retrouver devant la justice. Ils sont accusés de viols collectifs entre 1999 et 2001 sur deux adolescentes qui étaient alors âgées de 15 et 16 ans. Viols qui se sont déroulés dans des cités de Fontenay sous-bois. Les victimes ont attendu 2005 pour porter plainte et encore 7 années de plus pour qu'un procès ait enfin lieu. Les accusés encourent de 10 à 20 ans de réclusion.
« Je veux qu’ils payent »
Pendant 5 ans, elles n'ont pas osé briser la loi du silence. Terrorisées à l'idée de représailles contre elles-mêmes ou leur famille. Mais à l'automne 2005, tabassée par l'un de ses anciens violeurs, Nina se confie à une policière. Elle raconte tout : les 6 mois de viols collectifs par une vingtaine de garçons à peine plus âgés qu'elle, dans des caves, des parkings, des cages d'escaliers de différentes cités de Fontenay. Une autre jeune femme, Stéphanie a subi les mêmes violences. RMC l’avait rencontré en mars dernier. « Ils reconnaissent les faits mais en disant qu’on était consentantes, explique-t-elle. Ils disent « oui, c’est bien ce qu’il s’est passé, mais elles étaient consentantes ». Non, on n’était pas consentantes. Je veux qu’ils prennent conscience que ce n’est pas normal. C’est pas parce qu’on est des « filles des cités » qu’on a le droit de dire oui à tout. Je veux qu’ils payent ». Etre enfin reconnues comme des victimes, 7 ans après leur plainte, voilà ce qu'attendent Nina et Aurélie, qui peuvent enfin affronter le regard de leurs agresseurs.
« Accusées d’avoir parlé »
« Elles en attendent beaucoup, de redevenir quelqu’un, d’être reconnues dans ce qu’elles ont souffert, explique Clotilde Lepetit l'avocate des deux victimes. Elles vivaient sous menaces, sous représailles. Il a fallu qu’elles quittent le domicile pour ne pas subir de pression ne pas se faire insulter, même par ceux qui ne les avaient pas violées parce qu’elles salissent les copains, cousins, voisins… et ça, ce n’est pas permis. Ce sont des femmes qui sont accusées d’avoir parlé dans un endroit ou le silence fait loi »












