BFM

Un atelier d'impression 3D dans la prison pour femmes de Versailles

BFM Karine Lambin avec Isabelle Gollentz
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Un rapport publié jeudi met en lumière les discriminations que subissent les femmes en prison. Versailles fait partie des rares maisons d'arrêt à proposer à ses détenues un grand panel d'activités dont la dernière est inattendue: un atelier d'impression 3D.

La contrôleuse des prisons, Adeline Hazan, a dressé jeudi un portrait critique des conditions de détention des femmes en France. Maintien difficile des liens familiaux, hébergement insatisfaisant, accès réduit ou inadéquat aux activités, limitation de l'accès des femmes aux aménagements de peine ou à une gestion individualisée de leur détention... la liste des discriminations est longue. Les femmes ne représentent que 3,2% de la population carcérale et 5% à 6% pour les centres de rétention administrative.

L'interdiction légale de côtoyer les hommes, même brièvement lors d'un déplacement, a pour conséquence de restreindre l'accès des femmes aux unités sanitaires, aux zones socioculturelles, aux terrains de sport ou bibliothèques...

Des jouets pour les enfants

La maison d'arrêt de Versailles fait figure d'exception en proposant un grand panel d'activités aux femmes comme des cours de français, d'alphabétisation, d'anglais, de philo ou des ateliers couture et informatique. En plus de ces nombreuses possibilités, une nouvelle activité est disponible: un atelier d'impression 3D.

Il permet aux détenues de découvrir une formation numérique qui peut être un plus pour leur sortie. Elles fabriquant ainsi des jouets pour leurs enfants ou des petits cadeaux pour leurs familles, ce qui permet d'entretenir le lien avec l'extérieur.

BFMTV a pu le visiter et y rencontrer des détenues.

"Un moment où on peut s'échapper"

Maria est incarcérée depuis 18 mois à Versailles. Toute sa famille vit en Martinique, elle ne la voit donc jamais. Pour ses proches, elle construit des cœurs en gravant leur nom: "C'est un moment de bonheur".

Une autre détenue explique que "c'est un moment où on peut s'échapper" en étant au contact de personnes venues de l'extérieur.

L'atelier a été mis en place par l'association Ensemble contre la récidive de Pierre Botton. Cet ancien homme d'affaires avait été incarcéré dans les années 1990 pour abus de biens sociaux. Il avait été placé 600 jours à l'isolement sans pouvoir pratiquer d'activité. Pour lui, les "activités sont fondamentales" en prison.

"Pendant que ces femmes sont en train d'apprendre le numérique, de préparer leur sortie, elles n'écoutent pas d'autres voix dont on a vu les conséquences le 13 novembre", juge-t-il.

"Retrouver le goût d'apprendre"

Bernard Cabanier est professeur des écoles à la maison d'arrêt. "C'est quelque chose qui va leur permettre de retrouver le goût d'apprendre, de faire du lien entre le domaine des mathématiques et l'imprimante 3D, d'asseoir leurs connaissances et d'évoluer sur le long terme", selon lui.