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Un an ferme pour le lanceur de chat: "démesuré" ou "exemplaire"?

BFM A. D.
"Farid de la Mornette", dans une vidéo avant de maltraiter un chat.

"Farid de la Mornette", dans une vidéo avant de maltraiter un chat. - -

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Si certains jugent la peine très lourde, les associations de défense des animaux se félicitent de la condamnation du lanceur de chats à un an de prison ferme.

L'affaire a fait grand bruit, le jugement aussi. Un jeune homme a été condamné lundi à un an de prison ferme pour avoir martyrisé Oscar, un chaton de cinq mois dans des vidéos postées sur Internet. Si les associations de défense des animaux se sont dites satisfaites, certains jugent au contraire la condamnation démesurée.

Farid Ghilas, 24 ans, a été en outre condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à une interdiction définitive de posséder un animal domestique.

Qu'est-ce qui a motivé cette peine?

Le président du tribunal, Mohamed Houache, a suivi à la lettre les réquisitions du procureur. Il a souligné le caractère "mondialisé, énormément médiatisé de cette affaire", citant des messages venus par exemple du Québec ou d'Afrique.

"Il a agi avec une perversité particulière et un sadisme marqué qui a révulsé la planète entière", avait argué Emmanuel Merlin, le procureur.

Le président a justifié la peine de prison ferme par la cruauté du geste, mais aussi par le "casier judiciaire" du prévenu, déjà condamné huit fois et incarcéré dans le passé, pour des faits de violences notamment.

Une peine exemplaire pour les défenseurs des animaux

Pas moins de sept associations de défense des animaux se sont portées partie civile dans cette affaire. Deux cents manifestants massés devant le tribunal ont copieusement insulté le prévenu, réclamant une "peine exemplaire pour le tortionnaire". Quelques voix ont aussi lancé: "Sortez-le, qu'on le pende!" ou encore "la chaise électrique!".

"Cela peut paraître démesuré, mais pour nous cela ne l'est plus. C'est un exemple pour tous ceux qui martyrisent les animaux", a lancé Andy Salviano, présidente de la SPA Marseille-Provence. "C'est une condamnation exemplaire", s'est également félicité auprès de l'AFP Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

Pour la magistrate-blogueuse "Judge Marie", la peine est sévère mais pas inédite, ni surprenante "au vu des éléments de personnalité" de l'accusé. "Une neuvième comparution devant une juridiction pénale emporte fréquemment une condamnation rigoureuse - à une peine d'emprisonnement au moins en partie ferme, donc", estime-t-elle sur son blog.

"Des personnes qui battent leur femme sont condamnées à moins"

Consciente de devoir faire face à "l'opinion publique voulant sa tête", l'avocate de Farid Ghilas, Sophie Savaïdes, avait préconisé des travaux d'intérêt général dans des associations de défense des animaux. Mais la justice a tranché pour une peine bien plus sévère.

Interrogé par le site internet du Nouvel Observateur, l'avocat le plus célèbre de Twitter, Maitre Eolas, se dit surpris que "des personnes qui battent leur femme sont condamnées à moins que ça". Selon lui, la vidéo projetée à l'audience "a eu un effet terrible". Et de s'interroger: "Celui qui met un chat dans un mixeur, on le condamne à quoi?"

Gilles Devers, avocat interrogé par 20Minutes.fr, fait lui aussi le parallèle avec les violences faites aux femmes. "Un an ferme, pour violences contre épouse, ce serait exceptionnel", estime-t-il. "Mais dans ces cas-là, la prison ferme est rarissime. (...) Souvent, les cas n’arrivent même pas jusqu’au tribunal, et sont traités en maison de justice", avant de conclure:"Les gens aiment mieux les chats que les hommes".