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Lutte antiterroriste: la droite durcit ses propositions

BFM Mélanie Longuet
Nicolas Sarkozy propose de placer les fichés S en centre de rétention (photo d'illustration)

Nicolas Sarkozy propose de placer les fichés S en centre de rétention (photo d'illustration) - AFP

L'opposition n'a pas tardé à réitérer ses propositions en matière de lutte antiterroriste après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Certaines, assez radicales, ont été mises au ban par le gouvernement, qui invoque l'Etat de droit.

Depuis l’attentat de Nice, puis celui de Saint-Etienne-du-Rouvray, la droite demande au gouvernement d’entendre ses propositions en matière de lutte antiterroriste.

Mardi, au cours d'une déclaration diffusée en direct sur BFMTV, Nicolas Sarkozy a martelé: "Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles". Le président du parti Les Républicains a réclamé à François Hollande d’appliquer "sans délai", "toutes les propositions que nous avons présentées depuis des mois", quitte à sortir de l'Etat de droit. 

Dans un entretien au Monde ce 27 juillet, l'ancien chef de l'Etat réitère et estime que la France ne peut pas rester dans le "cadre" juridique actuel. 

Placer les fichés S en centre de rétention

Dans la foulée, Eric Ciotti demande sur Twitter la "mise en œuvre immédiate de mesures exceptionnelles". Ainsi que la convocation du Parlement "afin de voter la rétention administrative". Le député LR et président du conseil départemental des Alpes-Maritimes précise qu'il s'agirait d'une "rétention administrative dans des centres ou à résidence 24h sur 24h pour les individus radicalisés non encore passés à l’acte et ne pouvant être expulsés".

Une proposition formulée par Nicolas Sarkozy, qui souhaitait "que l’ensemble des personnes fichées S (…) qui présentent un risque de radicalisation portent un bracelet électronique ou soient placés en centre de rétention". Geoffroy Didier (LR), candidat à la primaire de la droite et du centre, le rejoint sur ce principe.

Mais cette demande a déjà été rejetée par le Conseil d'Etat en décembre dernier, puisqu'elle est contraire aux grands principes du droit. 

Fermer des mosquées et "interdire" le salafisme 

Le contrôle des lieux de culte musulmans fait aussi partie du menu sécuritaire voulu par certaines personnalités de droite. Le 17 juillet sur TF1, Nicolas Sarkozy a plaidé pour une "fermeture des lieux de culte dont nous ne voulons pas sur notre territoire".

Ces fermetures seraient décidées par les préfets et possibles si les mosquées ont "des rapports de près ou de loin avec des salafistes". Dans les faits la fermeture des lieux de culte est déjà facilitée par l'article 8 de la loi sur l'état d'urgence:

Le ministre de l'Intérieur et les préfets peuvent "ordonner la fermeture provisoire (...) des lieux de culte au sein desquels sont tenus des propos constituant une provocation à la haine ou à la violence ou une provocation à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes".

Nathalie Kosciusko-Morizet souhaite quant à elle rendre le salafisme "illégal". Nadine Morano propose de revoir l'organisation de l'islam en France et d'interdire l'ouverture de nouvelles mosquées. Pour la députée européenne LR, "l'islam pose un grave problème en France". 

D'autres propositions moins radicales

D'autres élus de droite, comme Georges Fenech ont formulé des propositions différentes. Le rapporteur de la Commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre souhaite la mise en place des propositions de la commission. 

Alain Juppé souhaite quant à lui renforcer les effectifs des forces de l'ordre sur le terrain et construire 10.000 places en prison.

Si une partie de la droite aimerait modifier certaines lois fondamentales, le chef de l'Etat a prévenu mardi depuis l'Elysée: "Déroger à nos règles constitutionnelles n’apporterait pas d’efficacité à notre lutte contre le terrorisme".