Procès des tournantes : 10 acquittés, 4 condamnés

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Il aura fallu attendre une décennie après les faits pour arriver à une conclusion. La cour d’assises du Val-de-Marne a rendu son verdict dans le procès des tournantes des cités de Fontenay-sous-Bois. Sur les 14 accusés, 10 ont été acquittés et 4 ont été condamnés à des peines allant de trois ans avec sursis à un an de prison ferme. Deux d'entre eux ont été condamnés à cinq ans dont quatre avec sursis, un troisième a été condamné à cinq ans dont quatre ans et demi avec sursis et le dernier à trois ans avec sursis. Au moment du verdict, quelques applaudissements ont accompagné les 10 acquittements prononcés par la cour.
« C'est la négation de la souffrance des plaignantes »
Les quatre condamnés l'ont été pour des viols commis sur une seule des deux plaignantes, Nina. En revanche les dix hommes accusés pour les faits concernant l’autre plaignante, Aurélie, ont été acquittés. Me Alexandre Deviller, dont le client fait partie des condamnés, a parlé d'un « fiasco, parce qu'on a médiatisé cette affaire dès les interpellations ». Pour Me Clotilde Lepetit, avocate des plaignantes, en revanche, « l’une d’entre elles a vu la reconnaissance de sa souffrance par la société française. L’autre, elle a été malmenée non seulement par la défense mais aussi un dossier extrêmement mal travaillé. Mes clientes ont de toutes façons vécu le procès comme une négation absolue de leur personne, de leur souffrance, de leur colère ».
«Une instruction vide, bâclée »
Lundi, l'avocate générale avait requis des peines de cinq à sept ans de prison pour huit accusés. Pour les six autres, elle s'en était remise à la décision de la cour, évoquant le "doute" et relevant le manque d'éléments à charge les concernant pour réclamer une peine. « Même s’il y a dix acquittements, je ne suis pas en colère. L’instruction était vide, bâclée. Evidemment, il faut donner la parole aux victimes mais faire preuve d’une extrême vigilance, procéder à toutes les vérifications possibles pour éviter de commettre une erreur judiciaire », explique Me Bouaou, l’un des avocats des accusés.
Les deux plaignantes, qui affirment avoir été violées à répétition dans des conditions particulièrement sordides alors qu'elles avaient entre 15 et 16 ans, régulièrement absentes pour raisons médicales, n'étaient pas présentes à l'énoncé du jugement.
« Ne pas raconter des histoires bêtement »
Un des jeunes acquittés, qui souhaite rester anonyme, a confié son soulagement après le verdict au micro de RMC : « Je suis soulagé. Ça fait 6 ans que l’on vit un calvaire. On a souffert, tout le monde a souffert. Mais il y a encore des personnes condamnés qui pour moi ne sont pas coupables. Je trouve que la justice n’a pas été faite. Nous, le juge d’instruction nous a dit : "vous allez en prison" au bout de deux secondes sur des trucs mêmes pas fondés. Il y en a qui y ont passé un an. Les filles sont arrivées, elles ont donné 50 noms et Fontenay devient une ville de barbares alors que ce n’est pas vrai. Ce sont des personnes qui sont en souffrance et il faut qu’elles pensent à se soigner avant de raconter des histoires bêtement ».












