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Prison: bientôt des seringues pour les détenus toxicomanes?

BFM M.L.
Un projet de décret voudrait permettre des "dérogations" pour l'usage des seringues par les détenus

Un projet de décret voudrait permettre des "dérogations" pour l'usage des seringues par les détenus - Pascal Pavani - AFP

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Les détenus toxicomanes auront-ils bientôt le droit de détenir une seringue dans leur cellule? Si l'objectif est de lutter contre la transmission du VIH et des hépatites, la seringue reste "une arme" pour un syndicat.

En prison, les détenus toxicomanes peuvent bénéficier d’une injection de drogue sous certaines conditions et dans le cadre d’une unité de soin. Pour prévenir les risques de transmission du VIH ou des hépatites mais surtout pour des raisons de sécurité. Mais les ministères de la Santé et de la Justice aimeraient étendre ce droit, sous certaines conditions et pour certains détenus, rapporte RTL. Un projet de décret auquel s'opposent les syndicats de personnel pénitentiaire. 

Une injection encadrée

Dans la loi sur la modernisation du système de santé, l’article 41 prévoit de "promouvoir et distribuer des matériels et produits de santé destinés à la réduction des risques" en direction des usagers de drogue. Cette "politique de réduction des risques et des dommages s'applique également aux personnes détenues, selon des modalités adaptées au milieu carcéral", poursuit le texte.

Aujourd’hui, ces "modalités adaptées" contraignent le détenu à se rendre dans une unité de soin pour que "le docteur procède à l’injection", nous précise Philippe Campagne, secrétaire nationale FO pénitentiaire.

La seringue reste "une arme"

Les nouvelles dispositions pourraient permettre "des dérogations" aux détenus, qui pourraient donc disposer d’une seringue. 

Mais "les syndicats ont tous refusé l’article 26 (du décret), qui prévoit des dérogations attribuées par le chef d’établissement", précise Philippe Campagne. Ces dérogations pourraient permettre aux détenus d’utiliser une seringue dans leur cellule. "C’est une arme par destination", martèle Philippe Campagne, "il y a trop risque".

D'après une enquête ANRS/Coquelicot réalisée en 2011, 57% des usagers de drogue ont connu un épisode d'incarcération au cours de leur vie.