PJ parisienne: Bernard Petit, l'histoire d'une chute brutale

Bernard Petit, en février 2010, présentant une saisie exceptionnelle de résine de Cannabis à Nanterre. - Jacques Demarthon - AFP
La chute est brutale. Bernard Petit, le patron de la police judiciaire de Paris, a été mis en examen jeudi soir pour "violation du secret de l'instruction et révélation d'informations sur une instruction dans le but d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité", après avoir passé plus de 14 heures devant un juge d'instruction. Il a ensuite été immédiatement suspendu de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur.
Une arrivée fracassante, fin 2013
Un nouveau scandale pour le "36", et une très lourde chute pour l'homme de 59 ans, arrivé il y a seulement un an à la tête de la PJ parisienne. "C'est une chute extrêmement spectaculaire. Bernard Petit, qui était monté tout en haut de l'échelle, perd tout en quelques heures de garde à vue: sa place, son poste, la PJ, qui était sa passion", résume au micro de BFMTV le journaliste d'investigation Frédéric Ploquin, spécialiste des milieux de la police. "Il va probablement perdre quelques amis au passage", ajoute-t-il.
Ce super flic né à Sfax, en Tunisie, avait été nommé à la tête du 36 quai des Orfèvres par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, en décembre 2013. L'actuel Premier ministre l'avait alors qualifié de "grand professionnel".
Sa nomination ne s'était d'ailleurs pas faite sans remous, puisque son prédécesseur, Christian Flaesch, plutôt proche de la droite, venait d'être écarté sans ménagement par Manuel Valls pour avoir prévenu un proche de l'ex-président Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, d'une convocation par ses services. Un limogeage brutal qui avait choqué, au sein de la PJ parisienne.
L'arrivée de Bernard Petit, numéro 3 de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), pour le remplacer, soulève alors quelques soupçons. Des articles de presse lui prêtent, outre une extrême proximité avec le pouvoir socialiste, un rôle prépondérant dans ce jeu de chaises musicales sur fond de règlement de comptes politique.
Un "tueur" aux airs de timide, éclaboussé par des scandales
Ses premiers pas au "36" ont brusqué plus d'un policier. Les premiers temps, Bernard Petit quitte rarement son bureau. "Pendant plusieurs semaines, on ne l'a jamais vu dans nos locaux", raconte ainsi un commissaire de la PJ parisienne. "Il y a un décalage énorme entre les faits qui lui sont reprochés et la personnalité de Bernard Petit", explique sur BFMTV Claude Cancès, ancien directeur régional de la PJ de Paris. "Tous les collègues qui l'ont connu vous diront que c'est un type assez réservé, plutôt timide même".
Ses débuts s'accompagnent de certaines tensions avec des chefs de service. A peine commence-t-il à imprimer sa marque que le Quai des Orfèvres est frappé fin avril 2014 par une première secousse: l'affaire du viol présumé d'une touriste canadienne par des hommes de la brigade anti-gang, la BRI, au siège de la PJ. Quelques semaines plus tard, fin juillet, deuxième électrochoc avec le vol de 52 kg de cocaïne dans les locaux de la PJ. Et nouvelle épreuve pour Bernard Petit. Mais malgré ces deux scandales, Bernard Petit garde la confiance de Bernard Cazeneuve, qui vient d'arriver Place Beauvau pour succéder à Manuel Valls.
Dernier fait d’arme à son actif: la gestion de l’assaut contre l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier dernier par la BRI, une brigade sous l’autorité de 36 quai des Orfèvres.
Le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte, a d'ores et déjà été proposé par le ministère de l'Intérieur pour succéder à Bernard Petit au "36".












