Oradour-sur-Glane: la condamnation de Robert Hébras annulée

Le président français François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck entourent le survivant Robert Hébras, le 4 septembre dernier, dans l'église d'Oradour-sur-Glane. - -
Robert Hébras a bien été lavé de toute condamnation devant la justice. Mercredi, la Cour de cassation a prononcé l'annulation de la condamnation de cet octogénaire devant le tribunal correctionnel, et que celui-ci contestait.
Robert Hébras n'est pas un prévenu ordinaire. A 88 ans, il est l'un des rares survivants du massacre d'Oradour-sur-Glane, ce village de Haute-Vienne où 642 habitants avaient été massacrés le 10 juin 1944 par une unité de Waffen SS. Début septembre, c'est lui qui avait tenu la main de François Hollande et de Joachim Gauck, lorsque le président français et son homologue allemand avaient visité le village martyr.
Phrase polémique dans un livre-souvenir
De ce drame, le survivant avait tiré un livre de souvenirs, publié en 1992. C'est précisément une phrase de cet ouvrage, Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure, qui lui a valu de comparaître devant la justice.
"Parmi les hommes de main [de l'unité qui a perpétré le massacre], écrit-il, il y avait quelques Alsaciens soi-disant enrôlés de force dans les unités SS". Des habitants de cette région, annexée en 1940 à l'Allemagne, avaient en effet été soumis contre leur gré à la conscription dans les troupes allemandes. En remettant en cause le caractère forcé de cette incorporation, véritable drame en Alsace, Robert Hébras s'est attiré les foudres de ceux qui se sont eux-mêmes surnommés les "Malgré-nous".
Le vieil homme a apporté des nuances dans les éditions suivantes de son livre. Mais en 2008, un nouveau tirage a repris la première version, et deux associations de "Malgré-nous" ont porté plainte.
Contestation d'une "vérité historique"
Débouté en première instance par le tribunal de Strasbourg en 2010, Robert Hébras avait été condamné à Colmar en septembre 2012. La cour d'appel a estimé que l'homme avait contesté une "vérité historiquement et judiciairement établie".
Une condamnation injuste, pour l'intéressé, qui indiquait avoir modifié son ouvrage en 2004 "dans un souci de réconciliation avec l'Alsace". Il assurait également ne pas être à l'origine de la réédition de la première version de son texte. "Je demande seulement qu'on enlève ma condamnation, c'est la seule chose qui me préoccupe", a-t-il indiqué.
Les juges de la cour de cassation l'on finalement suivi.












