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Mohamed Merah, un loup pas si solitaire

BFM La rédaction, avec Jean-Wilfrid Forquès
Mohamed Merah

Mohamed Merah - -

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Contrairement à ce qu’avait affirmé le patron de la DCRI à l’époque, Mohamed Merah n’était pas un « loup solitaire », nous apprend une série de documents déclassifiés. Les familles des victimes demandent maintenant « la vérité ».

Certains policiers l’avaient présenté comme « un loup solitaire », la réalité est peut-être finalement assez différente. Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban, aurait en fait toujours été proche du jihad international.
D'après un document déclassifié à la demande des juges d'instructions, le tueur au scooter avait passé près de 2 000 coups de téléphone en six mois, de septembre 2010 à février 2011, dont quelques 200 à des correspondants dans 20 pays différents. Organisé, Mohamed Merah entretenait ses réseaux, loin de l’image du fanatique isolé que Bernard Squarcini, l’ex patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), lui avait alors collé.
Au total, 23 documents de la DCRI, partiellement déclassifiés, ont été remis début août aux trois juges d'instruction chargés de l'enquête sur les tueries de Toulouse et Montauban.

« Que les juges d’instruction interrogent les policiers »

Les avocats des familles demandent maintenant à comprendre pourquoi les informations qu’on leur a données étaient si loin de la vérité.
Simoen Cohen, avocat de plusieurs familles endeuillées par l'attaque devant l'école juive Ozar Hatorah, dénonce les « manquements » des policiers de la DCRI et de son ex patron Bernard Squarcini. « Je souhaite que les juges d’instruction les interrogent, et que le cas échéant des confrontations soient organisées. Je souhaite également que le patron des services, celui qui a déclaré "Merah est un loup solitaire" soit invité à s’expliquer, qu’on lui demande à partir de quels éléments il a pu porter une telle appréciation et pourquoi cette appréciation est en contradiction manifeste avec des informations dont il disposait ».

« Les familles veulent connaitre la vérité »

Avocate de la famille Chennouf, l'un des militaires abattus à Montauban, Samia Maktouk partage cet avis. Elle juge que le danger a été « très mal évalué » et demande une meilleure transparence. « Les familles veulent connaître la vérité, ils veulent que toutes les zones d’ombres soient levées, le parcours jihadiste de Mohamed Merah et les différents soutiens et financements ». La vérité, c’est que Mohamed Merah avait été repéré dès 2009, deux ans après l’arrivée de son frère Abdelkder dans la mouvance radicale de Toulouse, reconnait la police. A partir de cette période, les deux frères ont fait l'objet d'une surveillance suivie de la DCRI. Apparemment insuffisante.