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Marseille : un dealer raconte la spirale infernale

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Alors que la violence ne cesse de croître dans des quartiers de l'agglomération marseillaise, BFMTV a recueilli le témoignage d’un dealer, qui contrôle le trafic sur un secteur de la ville.

Dans les cités marseillaises, le "métier" de revendeur de drogue remporte un grand succès. Argent facile et rapidement gagné, les plus jeunes, souvent désœuvrés et au chômage, sont plus attirés par la vie en bande que par une inscription à Pôle emploi.

Itinéraire d'un dealer

Sur cette vidéo, un trafiquant marseillais d’une trentaine d’années explique comment marche le réseau. Au début, le jeune commence au poste de chouf (guetteur en argot). Il est chargé de prévenir de l’arrivée de la police dans la cité. Puis il devient à son tour dealer. L’homme qui témoigne assure qu’il a essayé de trouver un emploi, mais que les fins de mois sont trop difficiles, celles-ci pouvant débuter dès le 10, pour certains.

Jusqu'à 10 000 euros par mois

Même s’il a toujours évité la prison, ce trafiquant reconnaît vivre dans la peur. Pas la peur de l’emprisonnement, dit-il, mais plutôt les trahisons qui aboutissent le plus souvent à des règlements de comptes sanglants. Ainsi, les gros dealers, les têtes de réseaux, ceux qui peuvent gagner jusqu’à 10 000 euros par mois ont une activité à durée de vie limitée, deux ans, maximum. Ensuite, ils essayent d’ouvrir un petit commerce.

Après avoir passé sept ans derrière les barreaux, un autre homme, repenti, nous confie ne pas avoir beaucoup d’espoir dans l’éradication du trafic. Selon lui, la police arrivera certes "à attraper des dealers, à les mettre en prison", mais quand ils sortiront, ils seront amenés "à rencontrer des trafiquants plus gros qui vont leur donner des tuyaux encore plus gros".

Vidéo : Cécile Ollivier et Perrine Baglan