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Les comptes cachés de Dassault de retour au tribunal

BFM G.D. avec AFP
Serge Dassault

Serge Dassault - Etienne Laurent - AFP

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Le procès des comptes à l'étranger de Serge Dassault a repris lundi, de nouveau marqué par l'absence du sénateur Les Républicains

La défense de Serge Dassault a de nouveau soulevé des questions de procédure lundi à la reprise du procès des comptes à l'étranger de l'industriel et sénateur (LR), accusé d'avoir dissimulé au fisc des dizaines de millions d'euros pendant 15 ans.

Après trois audiences en juillet, et un supplément d'information, dans le cadre duquel le président Olivier Géron a entendu le sénateur de 91 ans, le tribunal correctionnel de Paris abordait de nouveau cette affaire depuis le début. Comme en juillet, le prévenu ne s'est pas présenté devant la 32 ème chambre.

Le PDG du groupe Dassault est poursuivi pour blanchiment de fraude fiscale. En cause, les comptes de quatre fondations et sociétés, basées au Luxembourg et au Liechtenstein, qui ont abrité jusqu'à 31 millions d'euros en 2006, près de 12 millions en 2014.

Toutes les nouvelles auditions ordonnées dans le supplément d'information ont été effectuées, hormis celle de Gérard Limat, grand ami de la famille Dassault, qui gérait des sociétés dont il est question dans cette affaire.

Deux comptes luxembourgeois utilisés pour l'achat de voix

Dans un autre dossier, toujours en cours d'instruction, visant Serge Dassault pour un système présumé d'achats de voix pendant les campagnes des municipales à Corbeil-Essonnes en 2009 et 2010, il avait livré un témoignage-clé.

Gérard Limat avait confié avoir utilisé deux comptes au Luxembourg, appartenant en réalité au sénateur, pour distribuer jusqu'en 2010 des fonds à des intermédiaires dans le cadre des campagnes électorales à Corbeil.

Les investigations supplémentaires visaient également à entendre l'avocat suisse de M. Dassault, Me Luc Argand, et à obtenir la déclaration de succession de Claude Dassault, frère de Serge, décédé en 2011.

Héritage familial

Serge Dassault a en effet affirmé, dans des courriers, qu'il a hérité de ces fonds, qui appartenaient à son père, mort en 1986, puis à sa mère, décédée en 1992, avant de revenir à son frère Claude et à lui.

Quant à l'origine des fonds, selon la "rumeur" au sein de la famille, ils auraient été placés dans les années 1950 par Marcel Dassault, qui avait "peur de revivre la guerre" et voulait "protéger sa famille".

Au mois de juillet, le parquet national financier (PNF) avait requis deux ans de prison avec sursis, neuf millions d'euros d'amende et surtout cinq ans d'inéligibilité.