L'influenceuse Océane visée par une plainte pour des publicités pour sa marque de vin en canette
L'influenceuse Océane Amsler dans une vidéo publiée sur sa chaîne Youtube le 15 janvier 2025 - Océane/Youtube
L'association Addictions France a annoncé ce mardi 15 juillet avoir déposé plainte contre l'influenceuse Océane Amsler pour ses publicités réalisées pour sa marque de vin pétillant en canette.
Océane, suivie par près de deux millions de personnes sur Youtube, avait lancé sa marque Maison Bagarre en juillet 2024. L'association Addictions France, qui milite notamment pour le respect de la loi Evin encadrant la publicité pour l'alcool, avait alors estimé que les opérations marketing pour Maison Bagarre pouvaient être considérées illicites.
L'influenceuse et son conjoint Olivier Lesnicki, connu sous le pseudo Le Motif, ont largement fait la promotion de leur marque sur leurs réseaux sociaux. Mais selon Addictions France, "les références utilisées pour la promotion de ces canettes sont illicites au regard de la loi Evin en ce qu’elles associent la boisson alcoolique à des scènes de festivités, d’amitié et d’amour et mettent en scène des consommateurs et des célébrités".
"Au-delà de ces allusions valorisant l’alcool, le fait qu’une célébrité utilise sa notoriété pour inciter à boire de l’alcool constitue une problématique de santé publique", ajoute l'association dans un communiqué.
Si la loi Evin n'interdit pas la publicité pour l'alcool, elle l'encadre strictement. Il est par exemple interdit d'y associer l'alcool à des valeurs positives, comme la fête ou la séduction. Dans le cas de Maison Bagarre, "avec un spot publicitaire attractif mêlant esthétisme et une mise en scène glamour: tout était pensé pour séduire un public jeune, féminin, au mépris de la loi Evin", affirme Franck Lecas, responsable juridique à Addictions France. Auprès de BFMTV.com, Myriam Savy, directrice de communication et plaidoyer à Addictions France, cite aussi une soirée où "tous leurs amis influenceurs ont publié des photos en mettant en avant la dimension festive du produit".
L'association reconnaît que son action intervient tard, puisque la plainte n'a été déposée qu'un an après le lancement de la marque de l'influenceuse. "Compte tenu des moyens limités dont dispose l’association au regard de tous les manquements observés à la Loi Evin, une action en urgence n’a pas pu être menée", explique-t-elle, disant vouloir "obtenir des sanctions a posteriori à titre d’exemple".
Le site de Maison Bagarre inaccessible
Le site de Maison Bagarre n'est à ce jour plus accessible. Océane Amsler et son compagnon s'étaient exprimés sur les reproches d'Addiction France dans une vidéo publiée en janvier sur la chaîne Youtube de l'influenceuse. "Notre objectif n'a jamais été de ne pas respecter la loi. Notre objectif est de vendre un produit d'adulte à des adultes responsables en respectant la loi", y assurait Le Motif.
"Déjà, tu as l'impression que ne tu fais pas grand-chose parce qu'il n'y a rien que tu puisses faire pour promouvoir ta marque. Et le minimum que tu fais, on va te dire, 'arrête'", déplorait aussi Océane. Face à ces difficultés et confrontée à des ventes qui ne décollaient pas, elle disait envisager de "tourner la page Maison Bagarre". Contactée, Océane Amsler n'avait pas donné suite à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.
"On s'est posé la question de savoir si c'était opportun" de porter plainte alors que l'entreprise n'est a priori plus active, affirme Myriam Savy. Mais les contenus jugés problématiques par l'association ayant continué malgré ses alertes publiques, elle a souhaité monter que "personne n'est au-dessus des lois".
Addictions France demande une interdiction plus large
Addictions France a mené plusieurs actions en justice contre des influenceurs ces dernières années. Elles ont notamment mené à la condamnation d'Anna Rvr à 3.000 euros d’amende avec sursis pour une campagne de publicité réalisée avec une marque de rosé. Le youtubeur Pierre Croce a aussi été condamné en 2023 à une amende de 10.000 euros avec sursis et 10.000 euros de dommages et intérêts pour avoir publié une vidéo fin 2021 de "défi et dégustation" d’alcool.
"En général, on alerte les influenceurs dans un premier temps. S'ils retirent les contenus problématiques, on ne va pas plus loin", assure Myriam Savy. "Notre sujet n'est pas de s'acharner contre les influenceurs. C'est de dire que quand des lois existent, elles doivent être appliquées. Et la loi Evin a une visée de santé publique", souligne-t-elle.
L'association milite pour aller plus loin que la loi Evin et interdire "toute forme de promotion de l’alcool sur les réseaux sociaux afin de mieux protéger les jeunes, notamment les mineurs, d’une exposition à la publicité."
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