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L'avocat Antoine Sollacaro assassiné à Ajaccio

BFM La Rédaction avec AFP
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Maître Antoine Sollacaro, l'un des anciens avocats d'Yvan Colonna, a été tué par balles mardi matin près de son domicile, à quelques kilomètres du centre d'Ajaccio, en Corse-du-Sud. Le ténor du barreau avait été proche des milieux nationalistes.

Antoine Sollacaro a été tué par balles mardi matin près d'Ajaccio, en Corse-du-Sud, à proximité de son domicile. Ancien défenseur d'Yvan Colonna, Me Sollacaro comptait dans l'île de Beauté parmi les avocats les plus réputés.
Il a été abattu vers 9h alors qu'il s'était arrêté en voiture dans une station-service de la route des îles Sanguinaires entre son domicile et le centre d'Ajaccio, situé à une dizaine de kilomètres.
Me Sollacaro allait descendre de sa voiture pour acheter le journal dans la boutique de la station, comme il le faisait tous les matins quand, selon un témoin, deux hommes à moto se sont arrêtés et l'un d'eux a ouvert le feu. Dix douilles de gros calibre ont été retrouvées sur place.
Un important dispositif de sécurité a été mis en place par la police sur les lieux du crime,

Stupeur dans la profession

Le préfet de Corse, Patrick Strzoda, le maire d'Ajaccio, Simon Renucci, le président de l'assemblée de Corse, Dominique Bucchini, le coordonnateur des forces de sécurité en Corse, Jean-François Lelièvre, et le bâtonnier d'Ajaccio, Marc Maroselli, se sont rendus sur place.
« Quand on s'attaque à un avocat, estime Simon Renucci, on a franchi l'infranchissable. la Corse est blessée. Antoine Sollacaro était un homme exceptionnel, s'attaquer à lui, c'était s'attaquer à la liberté. On est entré dans une spirale dont on aura du mal à sortir ».
Me Patrick Maisonneuve, qui a défendu Yvan Colonna avec Me Sollacaro, s'est dit « abasourdi » par l'assassinat de son confrère, estimant qu'un « palier [avait] été franchi » avec le meurtre d'un avocat.
« Ce qui est inquiétant, c'est qu'au niveau des symboles, l'avocat et le médecin, comme l'instituteur et le curé, étaient des personnages intouchables auparavant en Corse, et on se rend compte aujourd'hui qu'il n'y a plus de barrières », a estimé un autre de ses confrères d'origine corse, Dominique Mattei, ancien bâtonnier du barreau de Marseille.

Le 15e tué par balles en Corse depuis le début de l'année

Avocat au barreau d'Ajaccio, Antoine Sollacaro avait été proche des milieux nationalistes, et avait assuré jusqu'en 2011 la défense d'Yvan Colonna, condamné à la prison à perpétuité pour l'asassinat, en 1998, du préfet de Corse Claude Erignac.
Antoine Sollacaro s'était ensuite retiré de l'équipe des défenseurs du berger corse, lors du dernier procès devant la Cour d'assises spéciale de Paris.
Me Sollacaro était l'un des plus brillants avocats pénalistes de Corse et dirigeait un important cabinet à Ajaccio.
Il est le quinzième homme tué par balles dans l'île depuis le début de l'année, après un autre homicide survenu mardi matin en Corse. Le cadavre criblé de balles d'un ancien militant nationaliste, Jean-Dominique Allegrini-Simonetti, 50 ans, a été découvert dans sa voiture par son épouse près d'un village de Balagne, en Haute-Corse.
Antoine Sollacaro avait 63 ans, il était le père de deux enfants, dont un garçon avocat à Nice et une fille qui devait passer mardi son certificat d'aptitude à la profession d'avocat.
Cet assassinat d'un avocat est le premier sur l'île depuis celui de Me Jean Grimaldi, tué par balles le 6 novembre 1991 à Bastia. Selon le conseil national des barreaux (CNB), il s'agit même d'une première en France depuis au moins vingt ans.