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« Je me suis tuée à cause de nounou... »

BFM La Rédaction
Ce jeudi sur RMC, le père de la fillette de 9 ans qui s'est suicidée lundi près de Lyon, a souhaité lire la lettre qu'elle avait laissée à sa mère.

Ce jeudi sur RMC, le père de la fillette de 9 ans qui s'est suicidée lundi près de Lyon, a souhaité lire la lettre qu'elle avait laissée à sa mère. - -

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Le père de la fillette de 9 ans qui s'est suicidée ce lundi près de Lyon, a souhaité lire ce jeudi sur RMC, les derniers mots écrits par son enfant avant de mourir. Et témoigner du mal-être de Lalita depuis plusieurs mois.

Peu avant que la police ne mette le petit cahier de devoirs sous séquestre pour les besoins de l'enquête, Jean-Corneille a soigneusement recopié les derniers mots que sa fille avait griffonnés sur une page blanche, avant de sauter du balcon de son appartement. Quelques lignes qu'il tient absolument à rendre publiques : « Je me suis tuée à cause de nounou parce qu’elle se mêle des affaires de tout le monde. Nounou viendra pas à mon deuil sinon il lui arrivera malheur. Au revoir. Lalita ».

« Nounou », explique le père, « c’est la femme qui garde sa petite sœur ». D'après les enquêteurs, c'est le refus de cette nourrice de donner des sucreries à la fillette diabétique qui l'aurait directement poussée à mettre fin à ses jours, fatiguée que sa vie soit jalonnée d'interdits médicaux. Une explication que Jean-Corneille confirme, mais qu'il souhaite nuancer.

« Elle souffrait énormément de notre divorce »

« Ce n'est pas uniquement le diabète, la cause. Il était pesant, mais elle l’avait déjà apprivoisé. Elle n'aimait pas qu’on lui renvoie à la figure qu’elle était diabétique. Elle voulait vivre comme tous les enfants, normalement. J’ai senti qu’elle était un peu malheureuse ces derniers temps. Mais pas du côté de sa maladie. Elle était malheureuse de la séparation entre sa maman et moi. Notre divorce, elle en souffrait énormément. Elle ma posé la question : "Papa, quand est-ce que tu vas nous [NDLR: elle et sa soeur] récupérer ?". Et je lui ai dit : "Bientôt, parce qu’il y a une procédure judiciaire - je lui ai expliqué ce que ça veut dire : nous sommes dans un pays de droit, donc la loi ne me donne pas le droit de vous prendre de force" ».

« J’attends que nous enterrions notre fille avec dignité... »

Une mésentente entre un père et une mère qui, quelques jours après le drame, transparaît toujours. « J'aimerais que sa mère me donne des explications par rapport à la disparition de ma fille, poursuit Jean-Corneille, puisque ma fille a disparu entre ses mains. Mais je ne peux pas lui poser cette question maintenant. J’attends que nous l'enterrions avec dignité, et quand toute la douleur se sera calmée je lui reposerai cette question ».