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Incidents à Ajaccio: deux hommes en garde à vue

BFM Y.D. avec AFP
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Alors que les manifestations se sont poursuivies dans le calme dimanche, deux enquêtes ont été ouvertes, et deux hommes placés en garde à vue. Ils devraient être déférés lundi ou mardi.

"On se bat contre la racaille mais pas contre les Arabes". Bloqués par la police à l'entrée des Jardins de l'empereur, "sanctuarisés" après un arrêté préfectoral y interdisant tout rassemblement, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans le calme dimanche après-midi, dans plusieurs quartiers populaires d'Ajaccio, après deux jours de dérapages racistes.

"On n'est pas des casseurs", "on n'est pas des racistes", a scandé le cortège qui s'est successivement rendu à la préfecture - apposant sur ses grilles un drapeau corse à tête de Maure -, dans les quartiers Sainte-Lucie et des Cannes, avant de revenir devant les Jardins de l'empereur.

Le préfet de Corse Christophe Mirmand s'est félicité sur BFMTV que "l'arrêté (qu'il avait pris la veille) a été parfaitement respecté", relevant que les manifestants n'avaient pas cherché à entrer dans le quartier des Jardins de l'empereur visé par l'interdiction. Un important dispositif de police, notamment un véhicule équipé de barrières barrant la chaussée, les a empêchés de pénétrer dans ce quartier de quelque 450 logements.

Deux enquêtes distinctes

En parallèle, deux enquêtes ont été ouvertes: l'une vise les dérapages racistes lors des manifestations et notamment les dégradations d'une salle de prière musulmane, l'autre, les violences de la nuit de Noël au cours de laquelle deux pompiers et un policier ont été blessés.

Deux hommes ont été interpellés et placés en garde à vue. Ils "devraient normalement être déférés demain ou après-demain (...) et répondront à tout le moins des faits de dégradations", a indiqué dimanche soir le procureur de la République. "Leur implication dans l'agression des pompiers fait encore l'objet d'investigations", a précisé Eric Bouillard lors d'une conférence de presse. "Il s'agit de jeunes hommes issus du quartier qui sont connus pour des actes de délinquance", a-t-il ajouté, soulignant: "Pas des actes de délinquance d'une très grande gravité".

Évoquant les deux enquêtes en cours Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé "'(que) tous leurs auteurs seront identifiés et recherchés pour les traduire devant leurs juges. C'est la seule réponse qui convienne dans un Etat de droit, qui refuse que l'on s'en prenne aux acteurs des services publics, que l'on se fasse justice soi-même."