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Grenoble: l'association Ultime Liberté, pro-euthanasie, et deux de ses membres mis en examen

BFM O.E. avec AFP
Un fourgon de police à Grenoble, le 31 janvier 2022 (photo d'illustration).

Un fourgon de police à Grenoble, le 31 janvier 2022 (photo d'illustration). - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

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Les deux militants sont accusés d'avoir "provoqué au suicide" une nonagénaire, après lui avoir prescrit des substances médicamenteuses sans autorisation.

L'association Ultime Liberté, qui milite pour le droit au suicide assisté et à l'euthanasie volontaire, et deux de ses militants ont été mis en examen, ce vendredi 13 août, pour avoir "provoqué au suicide" une nonagénaire, a indiqué le parquet de Grenoble.

Mercredi soir, cette femme de 91 ans, elle-même membre de l'association, a ingurgité des substances médicamenteuses afin de mettre fin à ses jours. La nonagénaire a finalement été hospitalisée après avoir vomie les substances ingérées, a déclaré à la presse le procureur Eric Vaillant.

Poursuivis pour provocation au suicide

Un homme et une femme de 81 ans, soupçonnés de lui avoir fourni les produits, ont été interpellés après l'intervention du fils de la nonagénaire et placés en garde à vue. Ils ont été présentés à un juge d'instruction, ce vendredi, avant d'être mis en examen pour "exercice illégal de la profession de pharmacien", selon le procureur.

Ils sont également poursuivis pour avoir "provoqué la victime au suicide en lui fournissant différents produits" et pour avoir "fait de la publicité" en faveur des moyens de se donner la mort, a-t-il ajouté.

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Ces deux dernières infractions, passibles de deux à trois ans de prison et 30 à 40.000 euros d'amende, visent aussi l'association Ultime Liberté "qui pratique un militantisme offensif promouvant les moyens de se donner la mort", a poursuivi le procureur. Les deux octogénaires ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de militer pour leur association.

Sur son site, l'association Ultime liberté, qui revendique 3.000 membres, indique militer "pour la liberté de choisir le moment, le lieu et les modalités de sa mort".

En mars 2021, dix de ses membres avaient été mis en examen à Paris dans une enquête sur un trafic de Pentobarbital, un barbiturique interdit en France et parfois utilisé pour l'aide au suicide.

Un projet de loi sur la fin de vie, qui devrait ouvrir la possibilité strictement encadrée d'une assistance au suicide, avait commencé à être débattu par les députés au printemps, mais la dissolution a mis un coup d'arrêt aux discussions.