Explosion de la délinquance à Paris: la mairie accuse l'État

Image d'illustration d'un policier. - Image d'illustration
Vols à la tire, dégradations, cambriolages, agressions sexuelles, atteintes aux biens... tous ces actes de délinquance sont en augmentation à Paris. Colombe Brossel, maire-adjointe à la sécurité à Paris s'en est émue dans un courrier adressé à Christophe Castaner.
"Entre 2018 et 2019, tous les indicateurs de la délinquance sont en hausse", écrit-elle, avançant des chiffres. Les atteintes volontaires à l'intégrité physique (violences) ont ainsi augmenté de 13,5%.
Les cambriolages ont eux bondi de 16% entre 2017 et 2018 dans 19 des 20 arrondissements parisiens. Les vols à la tire ont par ailleurs explosé, avec une augmentation de 37,6%. Dans le métro, ces vols à la tire ont grimpé de 68% depuis le début de l'année.
Le maintien de l'ordre, au détriment de la sécurité du quotidien
Pourquoi une telle explosion de la délinquance? Colombe Brossel attribue cette hausse aux événements de ces derniers mois, liés aux manifestations de gilets jaunes.
"Vous avez chargé le préfet de police de Paris, c'est bien normal, d'assurer en priorité une mission de maintien de l'ordre après les violences urbaines (...). Mais Monsieur le Ministre, je vous le dis avec gravité, cela ne peut être fait au détriment de la lutte contre la délinquance", écrit l'adjointe d'Anne Hidalgo dans son courrier.
Selon elle, les commissariats ont été vidés de 50% de leurs effectifs certains samedi. "Autant d'effectifs qui ne peuvent répondre aux appels du 17, de police secours, à la demande et au besoin de la sécurité du quotidien", ajoute-t-elle encore.
D'autres causes?
La hausse de la délinquance aurait donc pour cause des choix politiques, selon la mairie de Paris. Dans Le Monde, la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) avance d'autres explications.
"On constate notamment, chiffres à l'appui, qu'il y a eu un effet important des vagues migratoires et de la présence des mineurs non accompagnés. Cela a aggravé les phénomènes de délinquance", explique la directrice de la DSPAP.
Le préfet de police a toutefois fait part de sa volonté de se réapproprier le terrain, estimant que la mobilisation pour encadrer les manifestations de gilets jaunes pesaient "trop lourdement". La Ville de Paris, qui réclame des "renforts de police" compte aussi s'appuyer sur la création de la police municipale pour renforcer la sécurité du quotidien.












