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En conflit avec sa direction, une vendeuse de Zara trop zélée se suicide

BFM D. N.
Tribunal de Grande Instance. (Illustration)

Tribunal de Grande Instance. (Illustration) - AFP

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En conflit ouvert avec la direction d'une boutique de la marque espagnole de prêt-à-porter, une vendeuse s'était suicidée après une rétrogradation, accusant l'entreprise d'avoir "gâché sa vie". Les parents réclament aujourd'hui des dommages et intérêts à l'enseigne.

Le 20 décembre 2013, Corinne Bernard se rend à la gare de Thionville où elle gare sa voiture puis se rend sur les voies où elle s'allonge avant d'être percutée par un train. Dans son véhicule, rapporte Le Parisien, elle laisse un mot peu équivoque sur les raisons de son suicide: "Merci à Zara d'avoir gâché ma vie". Les parents de cette femme morte à 37 ans demandent lundi devant le tribunal de grande instance de Thionville, en Moselle, quelque 200.000 euros de dommages et intérêts. Pour l'avocat des demandeurs, Corinne Bernard était "coupable d'avoir voulu trop bien faire".

Elle renfloue la caisse avec ses économies

Le calvaire de la trentenaire commence le 15 novembre 2013. En fin d'après-midi cette caissière qui travaille depuis 13 ans à la boutique Zara de Bertrange, au Luxembourg, s'aperçoit d'un trou de 200 euros dans sa caisse. Craignant d'être accusée de vol, elle décide le lendemain de renflouer cette perte en piochant dans ses propres économies. La scène est filmée par les caméras de surveillance du magasin et la direction convoque l'employée, trouvant cette pratique peu orthodoxe.

Des explications confuses sont alors livrées par la salariée. Très vite, le couperet tombe: "Soit vous démissionnez, soit vous êtes licenciée pour faute lourde", rapporte, cité par Le Parisien, Me Stanislas Louel, l'avocat des parents. Finalement, la vendeuse ne sera que rétrogradée, mais psychologiquement, le mal est fait.

"Elle a été coupable d'avoir voulu trop bien faire", avance Me Louvel, pour qui le lien entre le suicide de l'employée et le comportement de l'employeur ne fait guère de doute. C'est bien sûr l'examen de cette éventuelle responsabilité qui sera au cœur des débats, lundi.