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Drame d’Echirolles : les parents témoignent

BFM La Rédaction, avec Victor Joanin
Le square d'Echirolles où s'est déroulé le fait divers.

Le square d'Echirolles où s'est déroulé le fait divers. - -

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Vendredi, deux jeunes d’Echirolles, près de Grenoble, sont tombés dans un véritable guet-apens après une bagarre. Tous les deux ont été tués par une bande venue de la citée de la Villeneuve, à proximité. Sur RMC, et à la veille mardi d’une marche blanche, les parents témoignent.

C’est une banale dispute de lycéens, un regard de travers qui a entraîné une bagarre à Echirolles, dans l’agglomération grenobloise, en Isère. L’histoire aurait pu en rester là, mais vendredi soir, c’est avec deux morts qu’elle s’est terminée. Kevin et Sofiane, 21 ans tous les deux, ont couru à la rescousse des lycéens, d’autant plus que l’un d’eux était le grand-frère d’un des garçons impliqués. Mais en face, la bande, venue du quartier de la Villeneuve, à Grenoble, leur tend un véritable guet-apens.
A coups de battes de baseball, manches de pioche, marteaux, couteaux et d’un pistolet à grenailles, les deux jeunes ont été lynchés dans un square proche par une quinzaine d’individus. Kevin, touchés de dix coups de couteau, est mort pendant son transfert à l’hôpital, Sofiane le lendemain matin, le corps percé de 20 coups de couteau. Décrits comme sérieux et aimables, aucun des deux étudiants n’était connu des services de police.

« Des jeunes respectés et respectables »

« C’étaient des jeunes respectés et respectables, des enfants prêts à rendre service, jouer la médiation, tout ce qu’on espère d’un enfant », résume Mohammed Tidbirt, le père de Sofiane. « Ils ont suivi leur cœur, ils ont apparemment défendu les petits, et un guet-apens leur a été tendu. Si vous voyez le nombre de personnes qui passent à la maison, à l’hôpital, pareil… Aujourd’hui, je veux surtout qu’on leur rende hommage, qu’on dise "plus jamais ça" ».

« 21 ans de vie, et c’est parti, pour rien… »

« Plus jamais ça », c’est aussi ce qu’espère Aurélie Noubissi, la mère de Kevin. « Mon fils ? Vous voulez savoir ce qu’il est ? Demandez à ses frères, ils le prenaient pour un demi-dieu, tellement il est gentil, conciliant, ils ont perdu un grand frère, un conseiller, un confident, raconte-t-elle. Quand je les entends, j’ai mal pour eux. 21 ans ! 21 ans de vie, et c’est parti, pour rien… Alors maintenant il faut que ça serve, et que ça ne se reproduise plus ».

« Moi, je veux vivre »

Mardi à 18h, une marche blanche sera organisée par des proches des familles des victimes. Cyril Vincent, un voisin de Sofiane à l'initiative de l’événement, raconte le sens de sa démarche « citoyenne. C’est pour dire "plus jamais ça". Il y aura un slogan, "moi je veux vivre", avec les photos des victimes. On ne veut plus que d’autres enfants meurent à cause d’une petite bagarre de lycéens. C’est également rendre hommage aux victimes, dire qui ils étaient, des enfants bien, sérieux ».
La police a interpellé vendredi soir un jeune majeur impliqué dans la bagarre. Son audition a permis de reconstituer la scène et de retrouver le pistolet et des douilles de balles tirées lors de la rixe. L'enquête se poursuit auprès des témoins pour identifier les autres.