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Calais: la police évacue 610 migrants

BFM M. T. avec AFP
Evacuation d'un camp de migrants à Calais, le 28 mai dernier (photo d'illustration).

Evacuation d'un camp de migrants à Calais, le 28 mai dernier (photo d'illustration). - -

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L'opération a débuté au petit matin dans ce camp de fortune de Calais, installé depuis fin mai dans un centre de distribution de repas. Les bénévoles associatifs dénoncent une intervention musclée avec des "gaz lacrymogènes".

La police a évacué ce mercredi matin le principal camp de migrants de Calais, ville du Pas-de-Calais où transitent de nombreux migrants désireux de passer au Royaume-Uni. Ce camp, qu'occupaient plus de 500 personnes, était installé depuis fin mai dans un centre de distribution de repas de la zone portuaire.

L'opération a débuté peu après 6h30. Elle a été autorisée par le tribunal administratif de Lille, saisi en référé par la mairie de Calais. La municipalité pointait le caractère prolongé de cette occupation et l'insuffisance des structures sanitaires.

Au total, 610 migrants ont été évacués, dont 121 mineurs, dirigés sur des centres d'accueil, selon le préfet, qui a indiqué qu'il n'y avait eu "aucun blessé" lors de l'opération. "Il y avait 540 migrants sur le lieu de distribution des repas et 70 au total dans trois squats. Parmi eux, 270 majeurs sont actuellement en cours d'audition administrative, 219 étant toujours sur le lieu de distribution des repas dans l'attente d'être auditionnés", a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Une quinzaine de cars de CRS

Une opération dont le déroulement a choqué les militants associatifs qui se trouvaient dans le centre de distribution de repas. "J'étais à l'intérieur, les flics (sic) sont arrivés, ils ont bloqué toutes les sorties et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher les gens de s'enfuir", raconte Céline, 25 ans, qui se trouvait dans le centre avec une trentaine d'autres bénévoles. "Les gens dormaient, ils n'ont pas eu le temps de sortir."

Tous les accès au camp avaient en effet été bloqués par des cars de CRS. Une quinzaine de cars ont ensuite pénétré dans l'enceinte pour emmener les migrants. La police devait conduire certains migrants dans des centres de rétention administrative. D'autres devaient être placés dans des centres d'accueil de demandeurs d'asile (Cada), selon des sources policières.

"Une vingtaine de femmes et une dizaine d'enfants dormaient sur le site ces derniers jours", a déclaré Christian Salomé, de l'Auberge des migrants, une association qui distribue des repas. "Les migrants viennent de pays en guerre. C'est très grave que tout se soit passé hors de vue. On a été repoussé à plusieurs centaines de mètres."

Trois personnes interpellées

La police a par ailleurs procédé à trois interpellations pour "outrage et rébellion". "Il s'agit de deux militants de la mouvance No Border et d'une autre personne", a précisé le préfet.

C'est après l'évacuation de trois camps, le 28 mai dernier, que plusieurs centaines de migrants s'étaient rassemblés dans le centre de distribution des repas, servis chaque jour par des bénévoles aux candidats à l'immigration en Grande-Bretagne. Mais la municipalité invoque régulièrement des raisons d'hygiène et de salubrité pour demander l'évacuation de ces camps de fortune.