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Ardennes: un retraité tué après un différend pour une place de parking

BFM Juliette Desmonceaux
La mairie de Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, en avril 2013

La mairie de Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes, en avril 2013 - Google Street View

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Un sexagénaire tout juste à la retraite a été victime d'une violente agression début juillet. Un homme, ivre, se disait mécontent qu'une voiture soit garée à sa place.

Un mobile futile. Un jeune retraité de 61 ans, Bruno Payon, est mort, a annoncé mardi L’Ardennais, après avoir été agressé dans le cadre d’un différend sur une place de parking à Bogny-sur-Meuse, dans les Ardennes.

Un "acte gratuit"

Le sexagénaire se trouvait le 8 juillet au soir chez un ami en compagnie d’une quinzaine de personnes quand un voisin vient toquer à la porte. Visiblement ivre, il déplore qu’une voiture soit stationnée là où il se gare habituellement et demande que le véhicule soit déplacé expressément.

"Aucune place de stationnement n’est attribuée, chacun peut se mettre où il veut. Pourtant, il a dit:' c’est ma place, je veux ma place'", raconte l’homme qui accueillait le dîner.

L’épouse de Bruno Payon, présente à cette soirée, se charge donc de déplacer l’auto, quand soudain le voisin frappe avec violence et sans raison apparente son époux. Ce dernier tombe par terre, selon des témoins. Le boulanger retraité parvient malgré tout à répliquer, mais le voisin reçoit un grand coup de pied au thorax, avant que les gendarmes n’arrivent sur place.

"ll n’y a pas eu d’insultes, pas eu de menaces, aucun coup de notre part. C’est un acte gratuit", déplore l’hôte du dîner.

Un suspect mis en examen

Bruno Payon est hospitalisé d’urgence à l’hôpital Maison-Blanche, à Reims, transporté dans un état "très grave". Il meurt une semaine plus tard de ses blessures. De son côté, le voisin ne s'en sort qu'avec quelques bleus et égratignures.

"On vit dans un cauchemar, on s’attendait à passer une bonne soirée et en un claquement de doigts cela bascule dans l’horreur. Par son geste, (l'agresseur) a détruit un père, un mari, et un grand-père", pleure-t-il.

Habitant de Monthermé, Bruno Payon avait travaillé pendant plusieurs dizaines d’années dans une boulangerie, avant de prendre sa retraite il y a quelques mois.

L’auteur présumé de l’agression a été interpellé. Mis en examen, il a été placé en détention provisoire et encourt jusqu’à 20 ans de prison pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par une personne agissant en état d’ivresse manifeste", selon la procureure de la République de Charleville-Mézières Magali Josse.