Appels à témoins: la police mise sur Twitter

L'appel à témoins a été décisif. - Capture d'écran
Publié mercredi, il était tombé sous les bons yeux ce jeudi matin. Alors qu'un couple et deux enfants avaient disparu en Meurthe-et-Moselle depuis la fin du mois d'avril, un hôtelier a appelé lors de cette matinée au numéro dédié après avoir vu circuler à la télévision l'appel à témoins, initialement publié sur les réseaux sociaux. Il avait reconnu des clients de son hôtel.
Cette issue est exemplaire de l'importance que la police accorde désormais à la communication, sur les réseaux sociaux et dans les médias. Si on recense actuellement une quarantaine de comptes Twitter ou Facebook de police à l'échelon départemental, l'institution espère voir l'intégralité du territoire couvert sur les réseaux sociaux d'ici à la fin de l'année 2019. Charlotte, community manager de la police nationale, explique d'abord à BFMTV.com l'intérêt direct d'une telle expansion numérique pour les enquêteurs. Bien sûr, il s'agit d'une part d'aider à la résolution de l'affaire mais d'autre part: "Nous cherchons à nous démarquer des initiatives familiales sur les réseaux sociaux. Car, pour les policiers, une disparition n'est inquiétante que si certains critères sont remplis".
Pour se distinguer, et éviter toute ambiguïté dans ces appels à témoins, les policiers ont fixé un habillage très précis. "Dans les appels à témoins, il y a une vraie volonté d'uniformiser. Ces signalements doivent être reconnues rapidement, elles obéissent donc à une même charte d'identité visuelle", poursuit Charlotte.
"Un vrai soutien"
L'appel à témoins qui a permis de retrouver la trace de la famille Meurthe-et-Mosellanne met en exergue l'utilisation que font les policiers des réseaux sociaux. C'est du service enquêteurs que provient la requête d'émettre le message. Le parquet doit alors donner son accord pour la diffusion du signalement. Le compte Twitter de la police du département concerné peut alors publier le document, qui est bientôt relayé par la police nationale.
Selon la community manager, les internautes acquièrent peu à peu le réflexe de suivre la police sur les réseaux sociaux. "Les premiers comptes Twitter policiers ont été créés en 2014. Ceux-là ont des communautés d'abonnés importantes", détaille-t-elle.
C'est à elle que revient d'ailleurs la charge de former les policiers se destinant à créer et à gérer ces comptes. Cette formation dure deux jours et apprend le fonctionnement de ces plateformes internet et la marche à suivre à des binômes. Ce sont par ailleurs les commissariats qui font acte de candidature.
Le procédé fait déjà ses preuves. Il semble toutefois qu'il repose essentiellement sur le mouvement des sympathie à l'égard des familles: "Les gens se mobilisent beaucoup mais ce n'est pas toujours pour favoriser l'enquête. Ils agissent aussi par empathie", note la community manager qui nuance: "Au moment des attentats, quand l'appel à témoins concernant Salah Abdeslam a été diffusé, il y a eu un vrai soutien et, cette fois, pour aider la police".












