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Affaire Valentin : Portrait des suspects et témoignages

BFM La rédaction avec Hugo Perrier et Sébastien Gilles
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L’ADN de Stéphane Moitoiret correspond à celui retrouvé sur les lieux du meurtre du petit Valentin, affaire qui a suscité une grande émotion. Portrait des suspects et témoignages des familles.

Michelle Alliot-Marie et Rachida Dati se sont rendues ce matin à Ambérieu-en-Bugey (Ain) pour rencontrer les enquêteurs de l'affaire du meurtre du petit Valentin à Lagnieu (Ain). Le « suspect principal » et sa compagne, un couple de « marginaux », sont toujours ce matin en garde à vue.

Stéphane, 39 ans, et Noëlla, 48 ans, dont les portraits-robots avaient été diffusés par les enquêteurs un peu plus tôt dans l'après-midi de dimanche, ont été arrêtés sans violence à Dornas par les gendarmes de la brigade du Cheylard (Ardèche) vers 15h après avoir été signalés par des automobilistes qui les avaient vus en train de faire du stop. Les prélèvements ADN ont permis de confirmer les soupçons des enquêteurs, l'ADN de Stéphane correspondant à celui retrouvé sur le lieu du crime. Cependant, le procureur de Bourg-en-Bresse Jean-Paul Gandolière a précisé ce matin que les deux suspects « n'ont jusqu'à présent pas reconnu les faits lors de leur garde à vue ».

Qui sont les suspects ?

Stéphane, le suspect principal, est originaire de l'Oise. Sa mère, jointe hier soir alors qu'elle venait d'apprendre que son fils était soupçonné, était sous le coup de l'émotion et de la surprise : « Ca m'a fait un choc tout ça... J'en ai attrapé des pointes dans le ventre. Ca me fait mal au cœur... parce que c'était un gars gentil, il a des problèmes psychologiques et son amie c'est pareil, ils sont dans leur monde à eux... »

Chantal, la soeur de Noëlla, a également accepté de s'exprimer. Elle habite avec sa mère à Clary près de Cambrai dans le Nord. Elles se sont vues pour la dernière fois il y a quatre ans environ. C'était chez leur mère dans Nord. Noëlla et Stéphane s'étaient fait héberger pendant trois mois avant d'acheter des vélos et de partir. Depuis, Chantal n'a plus de nouvelles de sa soeur mais elle avait déjà été interloquée par le comportement de Stéphane. Aujourd'hui, elle raconte le parcours de Noëlla : « Elle était employée de banque, après elle a travaillé à Paris à l'hôpital Bichat dans la comptabilité, tout se passait bien, elle était mariée, elle avait un mari sérieux, une vie stable. Puis il y a eu ce divorce, elle a rencontré ce garçon, Stéphane. Ils avaient des cartes postales d'Italie, ils nous disaient qu'ils faisaient des pèlerinages, qu'ils voyageaient beaucoup, qu'ils étaient hébergés dans des monastères... C'est tout ce qu'on savait ».

Au sujet de Stéphane, elle a déclaré que : « Mr Montoiret, quand il était jeune, avait 3 psychiatres pour lui. Sa mère le faisait suivre psychologiquement, mais après il n'avait plus de soins. Moi, je l'ai vu ici et il n'avait pas de soins thérapeutiques, pas de cachets, rien du tout. Ma mère m'a dit qu'elle a dû aller à la gendarmerie car il a eu une altercation avec mon frère, qui avait été blessé. Il priait toute la journée, il se lavait 3 fois par jour, il dormait très peu la nuit. Il était un peu spécial ».

L'émotion des proches

Hier matin, une marche silencieuse en mémoire à Valentin a rassemblé près de 600 personnes à Porcieu-Amblagnieu (Isère), où réside la famille de la victime. L'organisateur de cette marche, Alain Cadoz, était ce matin en direct sur RMC. C'est un proche de la famille de Valentin, dont il a été voisin pendant 15 ans. Il connaît très bien le grand frère de Valentin et est en relation permanente avec le père et la mère de la victime. Après ces avancées dans l'enquête, il témoigne de l'état d'esprit des parents de Valentin : « Ca leur fait quand même du bien, c'est une bonne chose que ce soit fait assez rapidement et un peu avant les funérailles, pour qu'ils puissent être tranquilles et arrivent à faire ce deuil ».

« Le message de la marche était un message de soutien à la famille, car comme on peut l'imaginer c'est très dur pour eux. C'était aussi un message pour Valentin s'il nous voit de là-haut, pour qu'il sache que beaucoup de personnes l'aiment et ont été touchées par ce qui lui est arrivé. L'arrestation des deux suspects fait un grand bien aux parents mais il y a aussi les préparatifs des funérailles de demain, donc c'est deux sentiments très mitigés ».

« Le grand frère de Valentin, qui a 20 ans, essaye de rester solide mais c'est vrai que son petit frère, c'était vraiment énormément pour lui, il est très affecté et il a envie que les coupables soient punis lourdement ».

Ce matin, Rachida Dati, Garde des Sceaux, a annoncé qu'un juge serait saisi dans le cadre d'une instruction pour « meurtre sur mineur de 15 ans avec actes de barbarie ». Les obsèques de Valentin auront lieu demain à 14 heures.