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Achat d’or : un business toujours aussi mal contrôlé

BFM M. Chaillot avec Amélie Rosique
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Depuis 2011, une loi était censée réguler le commerce de l’or, mais elle n’a jamais été appliquée. Résultat, en 5 ans, le nombre de professionnels a été multiplié par trois, sans aucun contrôle.

Une loi était censée réguler le business, il est pourtant en pleine explosion. Le commerce de rachat de bijoux en or continue de prospérer, malgré la loi d’août 2011 qui prévoyait trois obligations pour les acheteurs : payer uniquement par chèque, demander une pièce d'identité au vendeur et tenir à jour un registre des achats. Sauf que le décret d'application n'est jamais paru, la loi n'est donc pas applicable. Les mauvaises pratiques et les arnaques se multiplient donc en même temps que le nombre de magasins de rachat d'or : de 1 000 il y a 5 ans, on en compte près de 3 000 aujourd'hui.

« Une concurrence déloyale »

Gilles Rebibo, patron d'une chaîne de magasins spécialisés dans le rachat de bijoux, a créé il y a 1 an la Chambre syndicale des négociants d'or et du bijou d'occasion pour se défendre face à ces nouvelles officines. Lui et ses 70 adhérents, ont choisi d'appliquer la loi mais regrette « une concurrence déloyale car certains continuent d’acheter en liquide ». Résultat, les clients préfèrent parfois éviter sa boutique. « Obligatoirement, quelqu’un en difficulté financière, s’il vient chez nous et qu’on lui propose de lui faire un chèque de 1000 euros, il va nous dire : "ça ne m’intéresse pas, si je le dépose à la banque ça ne règle pas mon problème car je suis à découvert". Donc il va se diriger vers quelqu’un qui paye en cash, qui en plus va profiter de lui parce que comme c’est interdit, on va lui dire que ce n’est pas le même prix ».

Tout le monde peut devenir acheteur d’or

L'objectif de la loi, limiter le rachat de bijoux en or volés, semble donc loin d’être atteint. D'autant que pour monter un commerce de rachat d'or, la démarche est simple. Il suffit de créer une petite société, domiciliée chez soi par exemple, de déposer un capital de départ à la banque et de se rendre au service des Douanes qui délivre une déclaration d'existence de la société. Et tout cela, sans même avoir réclamé une copie du casier judiciaire. Tout le monde, ou presque, peut devenir acheteur d'or.