Nicolas Maury de retour au cinéma avec "Garçon Chiffon": "C’est comme une renaissance"

Nicolas Maury dans "Garçon Chiffon" - Les Films du Losange
Bénéficiant d’un excellent accueil de la critique, Garçon Chiffon, le premier film de l’acteur Nicolas Maury, ressort ce mercredi 19 mai dans les salles de cinéma. Un événement pour son primo-réalisateur, révélé par le rôle du timide Hervé dans Dix pour cent. Sortie en salles le 28 octobre, cette comédie dramatique n’a pu bénéficier que de deux jours d’exploitation, avant le couperet du deuxième confinement, tombé le 29 octobre à minuit.
Sept mois après, le comédien se dit “très heureux”. "Je suis très joyeux, pas seulement pour moi, mais pour toute mon équipe: ma distributrice, mon producteur, mon attachée de presse. On a fait un travail formidable jusqu’à ce fameux mercredi 28 octobre - et le 29 c’était fini. C’est comme une renaissance", confie-t-il à BFMTV. Avec 7.321 entrées (avec l'avant-première) pour 129 copies, le film avait réalisé une très bonne moyenne de 41 entrées par salle. De quoi augurer un beau succès lors de la réouverture des cinémas.
Bénéficiant du label Cannes 2020, Garçon Chiffon raconte les aventures sentimentales de Jérémie (Nicolas Maury), un trentenaire qui ne parvient pas à faire décoller sa carrière de comédien. Jaloux compulsif, il provoque la fin de son couple avec l’homme qu’il aime (Arnaud Vallois, vu dans 120 battements par minute) et décide de quitter Paris pour le Limousin pour se ressourcer auprès de sa mère (Nathalie Baye).
"Mon film ne ressemble vraiment à aucun autre"
Avec ce film qui raconte "comment être un chiffon dans une société qui nous oblige à avancer si droit, si fort, si haut", Nicolas Maury a voulu "poser très franchement, presque politiquement, un héros que je n’avais pas vu au cinéma", avait-il raconté dans l’émission Par les temps qui courent sur France Culture.
Connu du grand public pour ses rôles dans Dix pour cent et Les Tuche 3 (où il est Barna Bé, l’écrivain qui exploite Stéphanie Tuche), mais aussi des cinéphiles pour ses rôles dans Let My People Go! (2011) et Les Rencontres d’après minuit (2013), Nicolas Maury a consacré les cinq dernières années à monter Garçon Chiffon, un mélange de drame intimiste et de comédie musicale, où alternent fantaisie mélancolique et humour burlesque.
"C’est difficile de parler de cette volonté que j’ai eue, parce que c’est la naissance de ma musique de cinéaste", commente-t-il. "J’ai l’impression que depuis ma fenêtre, quand je regarde le monde, il y a tout ça: il y a la mélancolie, il y a le passé qu’on regarde mal, les parents qu’on croit connaître et qu’on ne connaît pas et puis il y a le fantastique. Mon film ne ressemble vraiment à aucun autre, dans le sens où ce sont mes yeux, mon regard. Ça correspond à mon état d’acteur, qui peut être à la fois chez Philippe Garrel ou dans Les Tuche. Il faut échapper aux chapelles et effacer les frontières [entre les genres]."
"Je me sens bizarrement comme un résistant"
Pour accompagner la ressortie de Garçon Chiffon, Nicolas Maury a repris sa caméra. Il a tourné pendant le second confinement dans un Paris vide de petits films avec certains comédiens de son film. Avec un message clair: n’ayons pas peur d’aller au cinéma. Les films sont déjà disponibles en ligne. L’idée lui est venue après la brève première sortie de Garçon Chiffon, comme un acte de résistance face à l’absence de mesures pour le milieu de la culture:
"Je me sentais mal avec cette carapace vide, avec ce pays qui ne parle pas de la culture. Une ville sans cinéma, c’est une ville sans lumière, c’est une ville très obscure. C’est essentiel la lumière dans la nuit. Je me sens bizarrement comme un résistant. Je vais retourner non pas au combat, mais relever les manches. Je vais encore plus accompagner mon film, encore plus aller dans les villes pour rencontrer les spectateurs."











