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"La honte et le déshonneur": LFI demande la déprogrammation d'un concert d'Amir à Brest

BFM Carla Loridan
Le chanteur, compositeur, musicien et acteur franco-israélien Amir Haddad pose lors d'une séance photo à Paris le 29 septembre 2021.

Le chanteur, compositeur, musicien et acteur franco-israélien Amir Haddad pose lors d'une séance photo à Paris le 29 septembre 2021. - JOEL SAGET / AFP

La venue d'Amir à l'Arena de Brest ce jeudi 6 novembre, suscite la colère de la délégation La France Insoumise de Brest qui appelle à la déprogrammation du chanteur.

Amir doit se produire à l'Arena de Brest ce jeudi 6 novembre. Mais la venue du chanteur dans le Finistère n'est pas au goût de tous. Dans un communiqué, publié sur les réseaux sociaux, la militante La France Insoumise Cécile Beaudouin a dénoncé la tenue de ce concert.

Celle qui sera la tête de liste LFI aux municipales de Brest en mars 2026 estime que le parcours du chanteur "aurait pourtant dû rendre évident à tous les acteurs locaux qu'il ne fallait pas l'inviter".

Cécile Beaudouin pointe notamment du doigt la participation d'Amir en 2014, à un événement à Hébron, colonie israélienne, illégale au regard du droit international, mais aussi sa présence à une soirée de soutien aux soldats de Tsahal, organisée par Yoni Chetboun, officier décoré de l'armée et député du parti d'extrême droite, Habayit Hayehudi.

"Il a participé à la colonisation illégale en Palestine au sein de l'armée israélienne et s'en vante régulièrement. (...) Il a contribué financièrement et médiatiquement au soutien de la police aux frontières israéliennes (...) En tout cela, Amir montre sa proximité avec l'extrême droite coloniale israélienne", assure Cécile Beaudouin.

"Nous déplorons que l'Arena ait accepté un tel concert du chanteur Amir. (...) Nous ne voulons pas que Brest transige sur ses valeurs pour améliorer le bilan comptable d'une de ses salles de spectacle", poursuit la militante qui demande la déprogrammation d'urgence de l'événement.

"Un antisémitisme d’atmosphère"

En juillet dernier, la venue d'Amir au Francofolies de Spa en Belgique avait déjà provoqué des remous. Plusieurs artistes annoncés dans la programmation du festival, tels que la chanteuse Yoa, avaient ainsi annoncé se retirer de l'événement, appelant à son boycott.

Dans un entretien au Parisien en septembre, Amir était revenu sur ces polémiques précisant qu'il fallait remettre les faits dont il est accusé dans leur contexte et qu'on lui imputait "une dimension politique" qu'il n'avait "jamais validée".

"En 2014, le conflit n’est pas celui que l’on connaît aujourd’hui. (...) Je vis alors dans un pays où tout le monde fait son service militaire. (...) Chanter en soutien à ces gens qui nous protègent​ du terrorisme et des menaces extérieures, c’est comme aller chanter pour les pompiers ou les gendarmes en France", expliquait-il.

"Pour le concert à Hébron, je démarre dans la musique et, à ma connaissance, il ne s’agit pas d’un événement politique. Je ne sais pas qui est ce Yoni Chetboun, je ne m’intéresse pas à la politique", ajoutait-il.

Lors de cet interview, l'artiste avait également dénoncé "un antisémitisme d’atmosphère" en France et en Europe et confiait avoir peur pour ses enfants. "Je commence à m’inquiéter pour eux, leur sécurité, puis la mienne, quand je vois l’envergure que ça prend", assurait-il, affirmant recevoir "des seaux de m​enaces ​et d’insultes".

Récemment, d'autres artistes, comme le groupe nord-irlandais Kneecap - qui soutient la cause palestinienne - ont également fait face à plusieurs appels au boycott avant de se produire sur scène.