Judith Godrèche annonce être mise en examen pour diffamation après une plainte de Jacques Doillon
L'actrice française Judith Godrèche, le 8 mars 2024 à Paris - Geoffroy VAN DER HASSELT © 2019 AFP
"C'est drôle comme c'est pas drôle dans le fond". Sur son compte Instagram, l'actrice Judith Godrèche révèle avoir reçu, ce mardi 19 novembre, un "avis préalable de mise en examen suite à la plainte de Jacques Doillon", qu'elle accuse de violences sexuelles alors qu'elle était mineure.
"Quand tu pleures chez toi après avoir reçu un avis de mise en examen pour diffamation lié à la plainte déposée par ton agresseur", commence-t-elle en story Instagram, écrivant "que l'avocate de Jacques Doillon a mis quelqu'un pour surveiller [s]on Instagram" et "a envoyé" depuis "des avertissements" à son avocate.
Dans une autre publication sur le même réseau social, Judith Godrèche avait accusé le cinéaste de "tourner avec des enfants (...) avec qui il couche". Ce qui lui avait valu une plainte pour diffamation, déposée en février 2024.
"Je n'ai pas compté le nombre de plaintes pour viols et agressions sexuelles déposées contre Jacques Doillon. Je sais bien que la mienne est prescrite. Mais sa plainte en diffamation ne l'est pas. La mise en examen, dans ce cas, est automatique. Mais quand même...", souligne Judith Godrèche ce mardi sur Instagram.
En France, les plaintes pour diffamation déclenchent des mises en examen automatique, ce qui n'est pas le cas des autres procédures pénales.
"Il se comparait à un porc"
En début d'année, l'actrice Judith Godrèche portait plainte pour viol sur mineur de 15 ans contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon. Contre ce dernier, elle dénonce des violences sexuelles commises sur le tournage du film La fille de 15 ans, sorti en 1989.
Toujours sur Instagram, elle raconte: "En recevant ce document, j'ai pensé à la lettre qu'il (Jacques Doillon, NDLR) m'avait envoyée chez mes parents. Dans laquelle il se comparait à un porc. Un porc jaloux de Benoît Jacquot. J'avais 15 ans. C'est donc la dernière fois qu'il m'a écrit. Et j'ai passé une vie à repeindre la chambre en rose - une chambre dans laquelle personne n'est poursuivi en diffamation, car personne ne porte plainte pour viol."
"Alors voilà, cette vie en rose est différente de la vie que je vis. Mais au moins, ma vie d'aujourd'hui, elle dit la vérité", conclut-elle.
Depuis sa toute première prise de parole publique, Judith Godrèche est devenue l'un des visages de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, notamment dans le cinéma.
Sous son impulsion avait été créée, en mai 2024, une commission d'enquête sur "les abus et violences sexuelles commises dans le cinéma, l’audiovisuel, la mode, le spectacle vivant et la publicité". Une commission d'enquête dissoute, comme l'Assemblée nationale, par Emmanuel Macron le 9 juin 2024.












