VGE, Jacques Chirac... Avant Emmanuel Macron, ces précédents vols de statues de cire au musée Grévin

Une action militante insolite, mais déjà observée par le passé. La statue de cire d'Emmanuel Macron a été volée ce lundi 2 juin par des militants de l'ONG Greenpeace. Ces derniers l'ont emmené jusqu'à l'ambassade de Russie, pour y dénoncer le "double jeu" de la France.
"Emmanuel Macron incarne ce double discours: il soutient l'Ukraine mais encourage les entreprises françaises à continuer à faire commerce avec la Russie", a déclaré Jean-Francois Julliard, directeur général de Greenpeace France.
Yves Delhommeau, directeur général du musée Grévin, a déclaré à BFMTV "attendre avec impatience" le retour de la statue, "j'espère qu'elle sera en bon état". Il a également indiqué porté plainte pour le vol de celle-ci. "Je peux recevoir la statue ce soir, et j'espère qu'elle va revenir bientôt", a-t-il poursuivi.
Le célèbre musée n'en est pas à son premier vol de statue de cire, chacun ou presque se révélant porteur d'un message politique.
• La statue de Georges Marchais volée par des nationalistes
Celle de Georges Marchais, secrétaire national du PCF, a elle été dérobée en janvier 1980 par une organisation intitulée Groupe d'intervention nationaliste qui a sévi dans les années 1970 en France.
"Une bande de jeunes gars sont venus, peut-être une quinzaine-vingtaine, ils sont rentrés en trombe à toute vitesse. On a essayé de s'opposer (...) ils m'ont poussé contre le mur", raconte à l'époque à France Inter le gardien du musée Grévin.
"Ils sont ressortis en vitesse, ont bousculé pas mal de personne et on ne s'est pas où ils sont partis", poursuit-il, précisant que la statue du roi Juan Carlos 1er d'Espagne avait été volée par le passé. Un témoignage disponible sur le site de l'INA.
Quelques jours plus tard, le mannequin a été déposé par ses ravisseurs dans la fosse aux ours du Jardin des Plantes à Paris avec le mot "Moscou" inscrit en rouge sur son front. Un dénouement relayé par Le Monde qui n'a pas fait rire la direction du Jardin des Plantes: "les ours ne sont pas des jouets et n'ont pas à être mêlés à des questions politiques".
• Celle de VGE brièvement dérobée par des motards
Emmanuel Macron n'est pas le premier président de la République à voir sa statue de cire être dérobée lors de son mandat. En 1980 là encore, c'est celle de Valéry Giscard d'Estaing - chef de l'État de 1974 à 1981 - qui est subtilisée par des motards en colère.
Ceux-ci s'opposaient à l'époque à la vignette deux-roues, instaurée après une hausse importante des accidents impliquant des motos. Mais celle-ci est trois fois plus chère que celle des automobiles. La statue avait fait le tour de Paris en side-car avant d'être remise aux autorités, rapporte La Croix. En 1981, François Mitterrand, élu président de la République face à Valéry Giscard d'Estaing, supprime la vignette deux-roues.
• La statue de Chirac retrouvée au zoo de Vincennes
24 décembre 1983. Les Parisiens se préparent à réveillonner à l'exception de quelques étudiants en droit qui ont un tout autre projet: celui de dérober la statue de Jacques Chirac, alors maire de Paris.
Au moment des faits, Le Parisien évoque dans un article les deux hypothèses privilégiées par les enquêteurs: "soit le geste passionnel d'admirateurs qui n'ont pu résister au désir de posséder une effigie grandeur nature de leur idole, soit le forfait crapuleux de ravisseurs qui, n'osant enlever le vrai Chirac, espèrent néanmoins obtenir quelque rançon du directeur du musée".
"On a mis un temps fou à desceller la statue, mais on a quand même pu sortir, à toute vitesse, par l'entrée principale", raconte le cerveau de l'opération au Parisien.
Poursuivis par le gardien du musée, ils parviennent toutefois à prendre la fuite. La statue sera finalement retrouvée quelques jours plus tard près d'une volière du zoo de Vincennes.











