Val-d'Oise: une manifestation pour sauver des terres agricoles à Taverny

Ils étaient une quarantaine ce samedi à manifester à Taverny (Val-d'Oise). Des habitants, des élus et des associations contestaient le futur projet d'écoquartier envisagé par la ville, qui mettrait en péril 14 hectares de terres agricoles cultivées.
"On détruit massivement les espaces naturels et le peu d'espaces naturels qu'on garde, on appelle ça 'coulée verte', ou 'square', ou autre chose. Et au final, si on prend un peu de hauteur, ce qu'il se passe, c'est la poursuite de l'artificialisation massive des sols en Île-de-France", constate Thomas Cottinet, conseiller municipal et communautaire d'opposition Europe Écologie-Les Verts (EELV) à Taverny.
"On pourrit la terre qu'on va laisser à nos enfants"
"On sait très bien maintenant que ce n'est plus possible de construire à tout-va et de se passer de la terre et on va le faire encore une fois", souligne Catherine, habitante de Taverny.
"Il faut garder les poumons verts, on en a besoin. On voit bien avec la chaleur qu'il se passe. On pourrit la terre qu'on va laisser à nos enfants", ajoute Carole, une autre résidente de la commune.

Pour prouver la richesse et la biodiversité de ces sols, l'association Taverny sur Terre a réalisé une expérience.
"Ils ont planté un slip"
"C'est un slip qu'on a enterré en 2020. Ce pauvre slip en coton, il s'est fait complètement manger par les vers de terre. Cela veut dire que les terres sont fertiles", fait remarquer Patrick, membre de l'association Taverny sur Terre, en montrant le slip encadré sur fond vert.

"Oui, je sais, ils ont planté un slip, reconnaît, moqueuse, Florence Portelli, la maire Les Républicains (LR) de Taverny. En fait, je crois que je vais m'arrêter de parler là. Tout peut se résumer à cette phrase: 'Ils ont en effet planté un slip'.'"
La situation fait sourire l'édile de Taverny, mais cette dernière défend toujours son projet.
"Je pense, comme beaucoup de vrais écologistes, qu'on peut construire. Mais il faut dans ce cas-là, évidemment, des bâtiments qui ne contribuent pas au réchauffement climatique. Il y aura des panneaux solaires, des mobilités douces, pas de voitures à l'intérieur du quartier. Ce sera relié au reste de la ville par des bus hydrogènes ou électriques, etc.", continue Florence Portelli.
La maire de Taverny envisage aussi, avec son homologue de la commune voisine, un projet de culture bio pour alimenter les cantines des établissements scolaires.











