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Val d'Oise: le maire de Villeron relaxé après l'expulsion illégale d'un campement de Roms

BFM M.H avec AFP
Dans le Val-d'Oise, les habitants de Villeron ont délogé un campement de Roms, situé à proximité de la commune.

Dans le Val-d'Oise, les habitants de Villeron ont délogé un campement de Roms, situé à proximité de la commune. - BFM Paris IDF

Le tribunal judiciaire de Pontoise a estimé que l'infraction n'était pas caractérisée. Le 5 février 2023, un campement de Roms avait été expulsé par les habitants de Villeron, qui dénoncaient un "ras-le-bol".

Le maire de Villeron (Val-d'Oise) a été relaxé ce lundi 23 juin des poursuites pour l'expulsion illégale d'un campement de Roms en février 2023, le tribunal judiciaire de Pontoise estimant que l'infraction n'était pas caractérisée.

Le rôle du tribunal n'est "pas de dire si ce qui s'est passé était bien ou pas bien" mais de caractériser l'infraction, a expliqué la présidente Hélène Tortel avant d'annoncer la relaxe des six prévenus.

"Les éléments constitutifs de l'infraction ne sont pas caractérisés pour chacun des prévenus", a-t-elle poursuivi.

Une manifestation qui dérape

Le 5 février 2023, des habitants de cette commune, un petit village du Val-d'Oise à proximité de Roissy-en-France, au nord-est de Paris, organisent une manifestation pour faire part de leur "ras-le-bol".

Depuis septembre 2022, des familles Roms, 150 à 200 personnes, campent dans le bois de Villeron, dont la ville est chargée de l'entretien. Une procédure d'expulsion avait été engagée et était en cours.

La manifestation d'abord bon enfant, dérape à l'approche du campement où vivent encore une vingtaine de personnes.

Des insultes et menaces fusent: "parasites", "dégagez", "rendez-nous notre bois", "on va tout cramer". Une pancarte proclame "Villeron n'est pas ville Rom".

Les gendarmes font écran pour empêcher les habitants d'y entrer et au bout d'une heure et demie, les Roms quittent les lieux, sous les acclamations de Villeronnais: "On a gagné, on est chez nous".

"Un départ sous la contrainte"

Des habitants pénètrent dans le campement et détruisent les abris de fortune. Le maire fait intervenir une pelleteuse pour creuser une tranchée et empêcher tout retour. L'engin sera également utilisé pour la destruction des baraques.

"Il ne s'agit pas d'un départ volontaire", c'est "un départ sous la contrainte avec un niveau de tension et de peur présent", a affirmé Gabriel Sebbah, avocat de l'association Romeurope et de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre).

"Si je ne fais rien et qu'il y a un problème, c'est de ma faute, si je fais quelque chose, c'est de ma faute. C'est toujours la faute du maire !", a lancé à l'audience Dominique Kudla, 75 ans, réfutant tout antitsiganisme. Dans un bulletin municipal, cet édile sans étiquette, en poste depuis 2014, évoquait une "population sans foi ni loi".

Dans ses réquisitions, la procureure avait demandé sa relaxe, considérant qu'il avait été "présent mais en retrait". Elle avait requis la même chose pour les destructions de biens reprochées au maire, car le camp était vide de tout occupant et il n'y restait que des "choses abandonnées" et "habitations de fortune".