Seine-Saint-Denis: l'IGPN saisie après une interpellation violente d'un mineur au Blanc-Mesnil

L'entrée des locaux de l'IGPN, la police des polices, à Paris. - Christophe ARCHAMBAULT
Une enquête pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique a été ouverte après la violente interpellation d'un mineur au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) la semaine dernière, a appris l'AFP jeudi auprès du parquet de Bobigny.
Les investigations ont été confiées le 9 février à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a précisé le parquet.
Cinq à six coups-de-poing au visage
Le 6 février, vers 18h, un groupe de plusieurs policiers pénètrent dans une boulangerie-pâtisserie du Blanc-Mesnil pour interpeller un garçon de 17 ans.
Selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, celui-ci, qui n'oppose pas de résistance, reçoit au moins cinq à six coups-de-poing au visage par au moins l'un des huit agents présents sur les images.
Le jeune homme "sortait de chez sa grand-mère tandis que d'autres jeunes caillassaient la police", a assuré à l'AFP son avocate Me Naïri Zadourian. "Lui marchait à côté et n'avait rien à voir avec l'histoire. Il est physiquement très grand donc on le remarque parmi tout le reste", poursuit l'avocate.
"La police commence à le charger. Il se réfugie alors dans la boulangerie à l'angle de chez sa grand-mère et on le passe à tabac", déplore son avocate.
"Les actes de violence sont assez clairs. Encore une fois, heureusement qu'il y a une vidéo. Lui n'oppose aucune violence", assure Me Zadourian.
Une plainte déposée
Son client, placé en garde à vue pour "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique avec arme et en réunion", n'a vu aucun médecin alors qu'"il a un coquard et des bleus partout sur le corps", a précisé l'avocate.
Elle a annoncé déposer plainte auprès du procureur de Bobigny.
Selon une source policière, ce jour-là, les policiers avaient été "pris à partie par une trentaine de jeunes" après une interpellation pour un refus d'obtempérer à moto au Blanc-Mesnil.
Trois personnes avaient été interpellées dont l'auteur du refus d'obtempérer, a ajouté cette source, sans préciser s'il s'agit du mineur qui a reçu les coups-de-poing.
L'enquête devra notamment tenter d'identifier tous les agents, dont plusieurs sont casqués, présents sur les vidéos.
Selon une source proche du dossier, figurent parmi eux des policiers de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) et d'une brigade de répression de l'action violente motorisée (Brav-M).











