Retraites: les commerçants parisiens redoutent des dégradations lors de la 10e journée de mobilisation

Une journée sous très haute surveillance dans les rues de la capitale. Alors que ce mardi marque se tient la 10e journée d'action des opposants à la réforme des retraites, qui vont de nouveau manifester à travers le pays, le cortège parisien, qui reliera la place de la République à celle de la Nation, sera particulièrement scruté par les autorités.
Protections et fatalisme
Auprès de BFMTV, plusieurs commerçants dont les boutiques se trouvent sur le parcours de la manifestation s'inquiètent de possibles débordements, violences et dégradations qui pourraient survenir en marge de ce nouveau rassemblement. De fait, plusieurs d'entre eux indiquent déjà avoir pris des mesures de protection.
"S’il y a vraiment énormément de monde et que ça ne s’arrête plus, on va rentrer tous les scooters, fermer le rideau, tout éteindre, couper le jus, comme ça, ils ne pourront pas lever le rideau", indique Laurent Locatelli, mécanicien à Paris.
Au fil des rues parisiennes, c'est devenu une habitude, des nombreuses boutiques, en particulier les banques, ont installé des palissades de bois ou métalliques devant leurs vitrines afin d'empêcher le bris de leurs vitrines. Pour les autres, sans moyens de protection, l'inquiétude grandit à l'approche de la manifestation.
"La protection ça va être que moi, on n’a pas le choix. On est obligés de rester là, la boule au ventre. Pour nous c’est une catastrophe, une journée de manifestation c’est une journée de perdue, c’est aussi simple que ça", indique-t-il à BFMTV.
Les riverains également ont pris leurs dispositions. S'ils déplorent les violences, ils comprennent également l'importance de ces rassemblements. "J’irai chercher mes filles plus tôt pour ne pas avoir à traverser le boulevard (Voltaire, ndlr)", nous glisse une Parisienne, tandis qu'une autre assure que "si l'on n’est pas écouté, on essaie de s’exprimer différemment".
Entre 70.000 et 100.000 personnes attendues
Dans un contexte social extrêmement tendu en France, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a indiqué lundi que "13.000 policiers et gendarmes" seront déployés dans toute la France pour couvrir ces nouvelles manifestations, dont 5500 à Paris, où la dernière manifestation a été particulièrement tendue.
Les renseignements teritoriaux prévoient la présence de 70.000 à 100.000 personnes dans les rues de la capitale. Entre une jeunesse de plus en plus mobilisée et une "radicalisation" de certains syndicalistes, ils s'attendent à un mardi noir, avec des débordements similaires à ceux du 23 mars.











