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Paris: Utopia 56 dénonce le "harcèlement policier" contre des migrants expulsés en pleine nuit

BFM Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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Invité de BFM Paris ce vendredi soir, Kerill Theurillat, coordinateur du collectif, a fustigé une recrudescence de ce type d'opérations, qui visent, selon lui, à "invisibiliser" les exilés.

Les images ont été tournées mercredi, au petit matin, sous un pont de la capitale. On y voit des policiers réveillant abruptement une dizaine de personnes dormant au sol, sans tente, sur des matelas. La scène a été tournée par des bénévoles d'Utopia 56, une association mobilisée dans l'assistance aux personnes exilées.

Invité de BFM Paris ce vendredi soir, Kerill Theurillat, coordinateur du collectif, voit à travers cette séquence un "harcèlement policier vis-à-vis des personnes exilées", contre des personnes "principalement originaires du Soudan et d'Afghanistan, qui "viennent d'arriver en France pour la plupart" et qui "demandent l'asile".

Si ce type d'opérations "existe depuis très longtemps", elles se sont, selon l'intéressé, "intensifiées" ces derniers jours. Avec un double objectif: "mettre le problème sous le tapis" et "décourager les arrivées".

Manque de places d'hébergement

Utopia 56 concède qu'une augmentation des capacités d'accueil des exilés a été acquise depuis le début de la crise sanitaire, saluant "un effort qui est maintenu" mais qui reste néanmoins "insuffisant".

"Il y a eu une opération de mise à l'abri il y a une dizaine de jours, rembobine Kerill Theurillat. C'était un campement qui était installé depuis plusieurs semaines dans le nord de Paris. Il y a environ 180 personnes qui ont été mises à l'abri. (...) C'est tout simplement le gouvernement qui continue à mener une politique de 'zéro point de fixation'. Le but, c'est qu'il n'y ait pas de campements visibles dans Paris."

Un passage à la rue "obligatoire"

À ce jour, le nombre de places à disposition des réfugiés demeure trop faible, selon Utopia 56. L'association fait état d'"un problème de saturation, qui fait qu'on a des difficultés à faire passer les gens de l'hébergement d'urgence au logement social".

Et Kerill Theurillat de regretter: "Une personne qui arrive de n'importe quel pays, quand elle arrive à Paris, le passage à la rue va être obligatoire pour elle".