Paris: un compte Tiktok affichant des “pickpockets” banni de la plateforme pour harcèlement

Peut-on accuser une personne d’être une pickpocket impunément sur les réseaux sociaux ? Pour la plateforme Tiktok la réponse est non. L’un de ces utilisateurs a vu son compte être banni de l’application pour harcèlement. Dans un contenu, visionné des millions de fois, le jeune homme, accompagné d’autres personnes, désigne une femme comme étant une voleuse avant de la poursuivre jusque dans le métro avec des pancartes affublées du mot: "pickpockets".
La scène a eu lieu dans le quartier parisien de Louvre-Rivoli, une zone prisée des touristes étrangers et qui est devenue depuis quelques années l’un des terrains de chasse favoris des voleurs. Pour faire cette vidéo, le jeune tiktokeur s’était paré d'une attention louable : avertir les touristes de la présence d’un ou d’une pickpocket.
“Elles ont eu ce qu’elles méritaient”
La plateforme chinoise a décelé dans ce format une forme de harcèlement et de l’intimidation envers les femmes désignées comme des voleuses. Une décision que le titulaire du compte n’arrive pas à comprendre.
"Je ne comprends pas tellement. Les raisons évoquées pour le bannissement sont le harcèlement et l'intimidation. Mais elles ont eu ce qu’elles méritaient, c’était surtout pour avertir les touristes", déclare-t-il à BFM Paris-Ile-de-France.
En plus, du bannissement de Tiktok, le jeune pourrait être aussi la cible de sanctions pénales et civiles. En France, le droit à l’image interdit d’afficher une personne sur les réseaux sociaux sans son consentement. A cela s'ajoutent les accusations infondées violant la présomption d'innocence.
Une stigmatisation de la communauté Rom
"Il y a une intention de nuire et de stigmatiser. Toutes les conditions sont réunies pour qu’ils s’exposent à des sanctions judiciaires", détaille Me Lautier, avocat en droit de l’image. Pour ce contenu de moins d’une minute, le tiktokeur pourrait être attaqué pour diffamation et incitation à la haine raciale.
A travers sa vidéo, l’auteur vise directement la communauté Rom souvent associée au vol. "Cela ne passe pas car c’est la désignation d’une population particulière à la vindicte populaire qui peut finir en lynchage", dénonce Saimir Mile, juriste à l’association Les voix de Roms.
Malgré les risques judiciaires, l’auteur a de nouveau publié la vidéo sur son nouveau compte Tiktok. Le jeune Tiktokeur n'est pas le premier a entreprendre une telle démarche.
L'année dernière, une Italienne était aussi devenue la star du réseau social Tiktok après avoir fait le choix de filmer les voleurs en criant au milieu des passants à Venise pour alerter sur la présence de pickpockets. Le tout en pleine rue pour sensibiliser les touristes. Les séquences mises en ligne avaient cumulé des millions de mentions "j'aime".











