Paris: des riverains du 20e arrondissement s'opposent à un centre d'accueil pour sans-abris

"Locataires inquiets", "pensez à nous", "projet illégal, arrêtez ce scandale"... Brandissant des pancartes, plus d'une centaine de riverains se sont rassemblés devant la mairie du 20e arrondissement de Paris samedi afin de protester contre l'ouverture d'un centre d'accueil pour sans-abris. Les habitants du quartier Saint-Fargeau dénoncent un projet qui s'est mis en place sans les consulter.
"Notre règlement de copropriété n'autorise que des bureaux, or on veut nous faire des douches, une cafétéria et le propriétaire bailleur n'a même pas pris la peine, comme la loi l'y oblige, de demander une AG (assemblée générale NDLR)", reproche Anne Piette, porte-parole du "Collectif Saint-Fargeau".
Une "dégradation" du quartier
Porté par l'Armée du Salut, cet Espace Solidarité Insertion (ESI) doit pallier la fermeture de deux autres centres de la capitale et être opérationnel dès septembre.
Ouvert uniquement en journée, il permettra aux personnes sans-abris "de se laver, de laver son linge, de recharger un téléphone, de bénéficier d’une domiciliation pour recevoir le courrier nécessaire à ses démarches administratives, mais aussi d’être en sécurité et de pouvoir se confier", explique l'Armée du Salut.
Mais de nombreux riverains sont inquiets. "Ça veut dire qu'il y a 150 personnes qui vont venir par jour et qu'on va remettre à la rue à 17 heures", s'alarme une habitante du quartier. Le Comité Saint-Fargeau a lancé une pétition "NON à la dégradation de notre quartier Saint-Fargeau" qui a recueilli près de 1750 signatures ce dimanche.
Assemblée générale exceptionnelle
Ils estiment notamment que "les risques inhérents à ce genre d’accueil sont une réalité: violence, alcoolisme, drogue…" et s'inquiètent d'une absence de "stratégie et de plans d'actions sur le devenir des sans-abris en dehors des heures d'ouverture".
Le maire du 20e arrondissement de Paris, Éric Pliez, explique qu'après 17 heures, "c'est le travail des professionnels de l'accueil de jour de pouvoir orienter les personnes". "Nous sommes là pour accompagner les habitants", assure-t-il. Toutefois, si l'élu "entend les craintes initiales" des riverains, il continuera à accompagner le projet.
Les habitants de l'immeuble ont organisé une assemblée générale exceptionnelle jeudi prochain pour discuter du projet.











