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"Il ne reste plus aucune dose": rupture de vaccins à Clamart, le maire déplore une distribution "au compte-goutte"

BFM Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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Invité de BFM Paris ce mardi matin, le maire de Clamart souhaite que le gouvernement fasse preuve de "transparence" sur les quantités disponibles, de manière à pouvoir organiser les rendez-vous.

24 heures. C'est le temps qu'il a fallu à la ville de Clamart (Hauts-de-Seine) pour écouler lundi, jour d'ouverture de la vaccination aux plus de 75 ans, l'ensemble des doses reçues dans la commune.

"Il ne nous reste plus aucune dose, résume Jean-Didier Berger, maire "Soyons libres" de Clamart, à l'antenne de BFM Paris ce mardi matin. Il y a même sept personnes hier soir que je n'ai pas pu vacciner parce qu'on est arrivés au bout des flacons mis à notre disposition."

L'élu pointe la responsabilité du gouvernement dans cette situation que Valérie Pécresse, présidente de sa famille politique, décrit comme "ubuesque".

"Je crois que Valérie Pécresse a parfaitement raison, a-t-il jugé. (...) L'État ne peut pas d'un côté nous demander de faire des centres capables de vacciner plusieurs milliers de personnes par semaine et de l'autre ne nous donner que quelques dizaines de doses par jour". Le maire de Clamart dénonce "un énorme décalage".

210 rendez-vous reportés

"On va mettre la surmultipliée", a promis le Premier ministre lundi soir sur France 5. Et Jean-Didier Berger de réagir: "On aimerait bien voir ça parce que pour l'instant on est plutôt au compte-goutte homéopathique".

Car l'asymétrie entre le nombre de doses promises et le nombre de doses reçues est à l'origine de difficultés logistiques, a-t-il souligné. "J'ai dû purement et simplement reporter les 210 rendez-vous d'aujourd'hui à une date inconnue. J'ai en plus de tout ça 2200 personnes en liste d'attente".

"On peut comprendre toutes les difficultés du monde à condition qu'il y ait de la transparence", a poursuivi l'édile, avant d'appeler le gouvernement à donner "de la visibilité sur le calendrier" pour organiser les rendez-vous.

"À flux tendu"

Selon le maire de Clamart, l'ensemble du département des Hauts-de-Seine fait face à un manque de vaccins. Les centres "n'ont eu que 170 doses sur les 420 qui nous avaient été annoncées initialement", a-t-il noté. D'autres responsables politiques, en Seine-Saint-Denis, font état de difficultés similaires.

Face aux critiques émanant d'élus locaux, Aurélien Rousseau, le directeur général de l'Agence régionale de Santé (ARS) d'Île-de-France a reconnu un approvisionnement "à flux tendu". Et d'insister: "Tout ce qu'on a comme doses, on l'utilise".

Le directeur général de l'ARS Île-de-France l'assure: sur 109 centres ouverts dans la région, 96 n'ont "pas de rendez-vous supérieurs au nombre de doses", cinq ont "un petit dépassement tout à fait gérable" et huit ont un "surbooking" que l'ARS prévoit de "régler en envoyant les personnes vers d'autres centres ou en décalant les rendez-vous de quelques jours".

Aurélien Rousseau prévoit 80.000 vaccinations dans la région cette semaine et autant la suivante.