Diffamation, menaces, mensonges: la nouvelle maire de Saint-Brice portera plainte systématiquement

Justice (Photo d'illustration) - AFP
"Hier soir, j’ai dû faire face à l’agressivité d’une personne, à la limite du physique, avec une salve d’insultes et de menaces. Hier soir aura donc été la goutte d’eau qui fait déborder le vase", a écrit Virginie Prehoubert, maire de Saint-Brice-sous-Forêt (Val-d'oise) élue en décembre dernier, dans un post Facebook ce vendredi 12 juillet.
La maire de la commune fait référence à une réunion qui s'est déroulée jeudi dernier entre élus municipaux. "Un élu du conseil municipal s'est mis à m'insulter en me lançant: tu n'es qu'une grosse merde, ferme ta gueule, en terminant par des menaces: j'aurai ta peau. Pour la première fois, c'était face à face", a-t-elle raconté au Parisien.
Virginie Prehoubert a déposé plainte et a annoncé que désormais, elle le ferait "systématiquement face à toute forme de diffamation, de mensonge ou agression". "C'est un ras-le-bol. J'avais envie de pousser un coup de gueule et dire que tout n'est pas permis", a-t-elle déclaré au journal pour justifier la publication de son message.
"Tout et son contraire"
Une colère d'autant plus forte que cette situation dure depuis quelque mois pour la maire de Saint-Brice-sous-Forêt. "Depuis des mois et encore plus ces dernières semaines, mon quotidien de maire est jonché de fausses rumeurs, de propos désobligeants ou de messages irrespectueux", a-t-elle dénoncé dans son post.
"J’ai tout lu, tout entendu, et bien souvent tout et son contraire. J’avais déjà eu affaire avec des personnes faisant courir des rumeurs sur ma vie personnelle. Quelques mois après, me voilà traitée d’antisémite et le lendemain, je serais presque qualifiée d’islamophobe", peut-on lire. Des propos qui ont, parfois, pris une autre dimension. "Un autre jour, des personnes entrent dans mon jardin sans sonner, pour me parler."
Et c'est sans compter les messages sur les réseaux sociaux. "Je ne calcule plus le nombre de messages reçus à toute heure, sans la moindre formule de politesse, me sommant de telle ou telle intervention sans délai. Les réseaux sociaux sont devenus une sorte de far west des temps modernes où tout semble permis, parfois dans l’anonymat le plus complet", a détaillé Virginie Prehoubert sur Facebook. Celle-ci a par ailleurs précisé qu'elle "accepte" les désaccords "à la condition d’y mettre les formes".
"Ne comptez pas sur moi pour baisser les bras"
La maire de la commune du Val-d'Oise n'a pas, pour autant, l'intention d'abandonner après sept mois, comme son prédécesseur. Olivier Leleux, de la majorité présidentielle, avait démissionné après trois ans de mandat à cause de la crise du Covid et de difficultés en interne.
"Ne comptez pas sur moi pour lâcher prise ou pour baisser les bras. Tout ceci ne fait que renforcer ma motivation. Notre ville compte encore plus pour la maire que je suis, engagée chaque instant de mon quotidien pour le bien vivre de nos habitants", a-t-elle affirmé. Elle en appelle "à la responsabilité de tous".
Selon le ministère de l’Intérieur, près de 2 265 plaintes ou signalements pour des faits de violence verbale ou physique à l’encontre des élus ont été recensés en 2022, soit une hausse de 32% par rapport à 2021. L'année 2023 est marquée par des chiffres encore plus inquiétants: dans 60% des cas, les élus concernés par ces agressions sont des maires.
Face à cette inquiétante hausse des violences, une loi pour renforcer la sécurité des maires et des élus locaux a été promulguée le 21 mars dernier. Elle prévoit notamment un délit spécifique avec sept à dix ans de prison, une peine de travail d'intérêt général ou encore la création de circonstances aggravantes en cas de cyberharcèlement ou en période électorale.











