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Classement de la tour Eiffel: la société d'exploitation dénonce les "mensonges" de Rachida Dati

BFM Nicolas Dumas avec Alicia Foricher
Les anneaux olympiques sur la tour Eiffel à Paris, le 6 septembre 2024

Les anneaux olympiques sur la tour Eiffel à Paris, le 6 septembre 2024 - Thibaud MORITZ © 2019 AFP

Le président de la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel répond à la ministre de la Culture qui souhaite une classification de l'édifice comme monument historique. Selon lui, l'Etat "ne protégerai pas plus" la tour Eiffel que la mairie de Paris.

La passe d'armes autour de la classification de la tour Eiffel se poursuit. Interrogé sur la volonté de Rachida Dati de classer d'office l'édifice comme monument historique, Jean-François Martins, président de la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel (Sete), dénonce "une malhonnêteté incroyable dans la déclaration" de la ministre de la Culture.

"De quel droit, alors qu'il y a des monuments qui sont en délabrement dans la France entière, elle vient donner des leçons à la tour Eiffel. Tout l'été, trois milliards de personnes ont loué notre entretien de patrimonial", a taclé mardi 8 octobre le président de la Sete auprès de BFM Paris Ile-de-France.

Un constat appuyé par Anne Hidalgo. "On protège très bien la tour Eiffel. Elle a brillé de mille feux pendant les Jeux. Et la ville de Paris est très attentive à sa tour Eiffel", a déclaré l'élue parisienne.

"Elle ne fait rien ailleurs en France"

"La ministre de la Culture vient nous dire deux énormes mensonges", poursuit le président de la société d'exploitation. "Le premier que l'État nous protégerait plus, ce n'est pas vrai. Aujourd'hui, chacune de mes grosses opérations, je les soumets à l'inspection des sites, à l'architecte des bâtiments de France et à l'architecte des travaux, ils sont tous agréés par l'État. Tout ce que je fais est déjà agréé par l'État".

Et Jean-François Martins d'enfoncer le cou: "Il y a un mensonge encore plus grand. Quand vous êtes classé Monument historique, l'État finance jusqu'à 40% des travaux", rappelle l'élu de la majorité parisienne.

"Mes travaux, c'est 400 millions d'euros sur 10 ans. C'est-à-dire que l'état serait prêt à mettre 100 millions d'euros? Elle sait qu'elle ne les a pas (...) L'État viendrait mettre 100 millions d'euros qu'il n'a pas à Paris, dans le 7e arrondissement", poursuit-il, demandant à Rachida Dati d'être "vraiment ministre de la Culture et pas ministre du 7e arrondissement", dont elle maire.

"C'est de la duplicité politique. Elle agite l'instrumentalisation de la tour Eiffel pour cacher qu'elle ne fait rien ailleurs en France", attaque Jean-François Martins.

Ce n'est pas la première fois que la question du classement de la tour Eiffel s'invitent dans le débat parisien. Au mois de février dernier, Rachida Dati avait fait savoir qu'elle souhaitait le classement de la tour Eiffel, jusqu'à présent inscrite au titre des monuments historiques.

Anne Hidalgo avait déjà affiché son opposition. "André Malraux avait lui-même écarté cette idée du classement", avait argumenté la maire. Elle avait également mis en avant l'enveloppe de plus de 360 millions d'euros de la part de la ville afin de préserver l'édifice.