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Aéroport de Roissy: un important trafic de crânes de singes mis au jour par les douanes

BFM Constance Bostoen avec Gauthier Hartmann et AFP
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392 crânes interceptés par les autorités dans des colis postaux ont été remis ce jeudi au musée d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence pour être expertisés.

À l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, des douaniers sont chargés d'ouvrir des cartons saisis dans la soute d'un vol en provenance du Cameroun. A l'intérieur du carton, l'une des douanières découvre plusieurs crânes de singe, empilés les uns sur les autres.

Des espèces en voie d'extinction

Pour ces agents, cette saisie n'est pas nouvelle. Les douaniers font des découvertes semblables quasiment tous les jours. Ce sont principalement des restes de babouins, de macaques ou encore de chimpanzés, qui sont retrouvés. Majoritairement, ce sont des espèces classées en voie d'extinction.

"Nous allons demander une expertise auprès des services compétents (...) Ils vont nous établir une expertise et lorsqu'elle revient, on sait si c'est protégé ou pas", explique l'une des douanières, au micro de BFM Paris-Île-de-France.

En un an et demi, plus de 400 crânes de primates ont été saisis à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, du jamais vu. Certains colis contiennent des spécimens entiers, des têtes ou bien des avant-bras avec les mains de primates, qui sont détruits pour raisons sanitaires.

D'autres espèces (loutres, félins, varans, rapaces notamment) font aussi l'objet de trafics. Au total, ce sont 718 crânes d'animaux qui ont été saisis par les douanes en sept mois.

Un trafic très lucratif

Une fois passés à l'aéroport, les crânes sont ensuite revendus par les trafiquants. Ce commerce illégal peut s'avérer "être très lucratif", souligne à BFM Paris-Île-de-France Laetitia, contrôleuse principale de la douane, spécialisée sur les espèces protégées.

"C'est vendu sur Internet, ça peut servir à des collectionneurs, si ça rapporte de l'argent c'est bon à prendre (...) Ça peut être utilisé peut-être pour des cérémonies", explique-t-elle.

Interrogé par l'AFP, Fabrice Gayet, marin douanier et expert en trafic de faune et flore, estime que les crânes de petits primates sont revendus entre 30 et 50 euros pièce, 400 à 500 euros pour ceux des drills et mandrills et entre 800 et 1000 euros pour ceux de chimpanzés.

"Le trafic d'espèces protégés est un des plus rentables, derrière les stupéfiants, les armes et les êtres humains, avec des bénéfices entre 8 et 20 milliards d'euros chaque année", alerte Gilbert Beltran, directeur interrégional des douanes de Roissy lors d'une cérémonie officielle au siège des douanes de Roissy.

Ce jeudi, 392 crânes saisis par les autorités ont été remis au musée d'histoire naturelle d'Aix-en-Provence pour être expertisés.

Ayant apporté dès les premières saisies son assistance pour l'identification des spécimens, le MHN d'Aix-en-Provence a manifesté très rapidement son intérêt pour ces pièces afin d'enrichir ses collections et procéder à un travail de détermination et de classement iconographiques. Les crânes seront ensuite répartis dans différents musées nationaux.