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Ado tué à Viry-Châtillon: profil des suspects, circonstances du drame... Ce que l'on sait de l'enquête

BFM Ariel Guez avec AFP
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Quatre jeunes sont mis en examen pour avoir roué de coups Shemseddine, un jeune de 15 ans, début avril devant le collège des Sablons à Viry-Châtillon.

Quatre jours après le drame, des questions restent sans réponse. L'émotion est encore vive à Viry-Châtillon, ville de l'Essonne où a été passé à tabac jeudi 4 avril Shemseddine, 15 ans, devant son collège. Sa mort a été annoncée le lendemain. Une enquête a été ouverte pour assassinat et cinq personnes ont été interpellées vendredi 5 avril.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le procureur de la République d'Evry Grégoire Dulin a communiqué de nouveaux éléments concernant l'évolution de l'enquête.

• Quatre jeunes mis en examen pour assassinat, deux d'entre eux écroués

Quatre jeunes hommes ont été mis en examen pour assassinat, a annoncé le parquet très tôt ce lundi. "Compte tenu notamment des risques de concertation et de pression sur les témoins, ainsi que du trouble majeur à l'ordre public suscité par l'extrême gravité des faits, le placement en détention provisoire" de ces quatre personnes "est requis", précisait le procureur quelques heures plus tôt dimanche soir.

Deux des mis en cause (un majeur de 20 ans et un mineur) ont donc été écroués tandis que deux autres mineurs sont incarcérés provisoirement avant un débat contradictoire qui aura lieu mercredi 10 avril.

La cinquième personne mise en cause, une mineure de 15 ans, sœur de deux des personnes soupçonnées d'avoir commis l'agression, n'a pas été pas visée par une réquisition de placement en détention provisoire.

L'enquête a permis d'établir qu'elle n'était pas présente au moment des faits, mais elle a été mise en examen du chef d'"abstention volontaire d'empêcher un crime". Comme le parquet l'avait requis, "une mesure éducative judiciaire provisoire a été ordonnée à son égard, avec un placement dans un établissement éducatif et l'interdiction de paraître dans l'Essonne".

• L'un des suspects "a reconnu avoir porté des coups"

Qui sont ces cinq individus? Selon les informations dévoilées par le parquet ce dimanche, il s'agit d'un majeur de 20 ans, trois mineurs de 17 ans et une mineure de 15 ans. Trois d'entre elles sont issues de la même fratrie: le majeur de 20 ans, un des mineurs de 17 ans et la mineure de 15 ans.

Plusieurs d'entre eux ont des antécédents judiciaires, a précisé le procureur Grégoire Dulin dans son communiqué de presse. Le majeur a été condamné en février 2023 pour des faits de détention de stupéfiants, son frère pour des faits de violence en réunion et le deuxième mineur pour des faits de tentative d'extorsion.

En garde à vue, l'un des mis en cause "a reconnu avoir porté des coups", a indiqué sur BFMTV son avocat, Maître Jacques Bourdet. "C'est manifestement des coups mortels, c'est-à-dire des violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner", a-t-il expliqué.

• Des précisions sur les circonstances du drame

Selon les premiers résultats de l'enquête, l'agression résulterait d'une altercation au sujet de la sœur de deux des personnes soupçonnés de l'agression.

"Les deux frères avaient appris, plusieurs jours auparavant, que Ieur sœur correspondait avec des personnes de son âge sur des sujets relatifs à la sexualité", détaille le parquet dans le communiqué.

"Craignant pour sa réputation et celle de leur famille, ils avaient enjoint à plusieurs garçons de ne plus entrer en contact avec elle. Ils avaient ensuite appris que la victime se vantait de pouvoir librement parler avec leur sœur, n'ayant pas encore eu à subir de pression de leur part", a ajouté Grégoire Dulin.

Les deux frères, accompagnés de deux connaissances, se sont alors rendus jeudi au collège des Sablons, où ils ont croisé "de manière fortuite" Shemseddine, selon leurs dires cités par le magistrat.

Ils auraient demandé à l'adolescent de les suivre dans un hall d'immeuble pour avoir "une explication au sujet des propos qu'il tenait à l'égard de la jeune fille". "Le ton était monté et des coups avaient été portés, entraînant la chute de la victime", poursuit le procureur.

Le frère âgé de 20 ans aurait contacté les secours mais, "pour assurer leur fuite", affirme le parquet, il aurait donné "de fausses indications aux services de police en expliquant notamment qu'il avait vu plusieurs jeunes cagoulés s'enfuir à pied".