PATRICK MEINHARDT © 2019 AFP
Mayotte dévastée par Chido: les images de l'archipel balayé par le cyclone "le plus violent et destructeur" de son histoire l'an passé
La préfecture l'avait qualifié de "cyclone le plus violent et destructeur" observé sur place depuis 1934. Il y a un an jour pour jour, le cyclone Chido frappait durement l'archipel de Mayotte. Les dégâts causés furent immenses et les victimes nombreuses. Aujourd'hui encore, le 101e département français peine à se reconstruire.
Il est 7 heures du matin le 14 décembre 2024 lorsque Mayotte bascule en alerte violette, soit le plus haut niveau d'alerte cyclonique. L'ensemble des habitants, mais aussi des services de secours et de sécurité, reçoivent l'obligation stricte de se confiner. Rapidement, de fortes rafales de vent balayent l'archipel.
Selon Météo France, des "rafales approchant 250 km/h ont pu être atteintes sur le nord de Petite-Terre et la moitié Nord de Grande-Terre". Face à ces violents coups de vent, les habitats précaires, dans lesquels vivait un tiers de la population, ont totalement été détruits. En quelques minutes, la carte est complètement redessinée, comme le montrent les images satellites:
"Toutes les maisons ont été rasées, moi j'ai perdu la mienne. Je n'ai pas de télévision, plus de frigo, tout est parti", se désolait au micro de BFM un habitant du bidonville de Tsoundzou. "Il y a eu des dégâts. J'ai perdu des meubles et tout ce qui est électroménager", déplorait quant à lui Fahar, un habitant de Mamoudzou.
Même les maisons en dur n'ont pas échappé aux fortes rafales. "Notre maison était solide, c'est ce qu'on pensait", partageait la députée de Mayotte Estelle Youssouffa auprès de BFM. "Ma famille a survécu sous une table pendant des heures sous les vents et la pluie", ajoutait-elle sur notre antenne. Selon un rapport de l'Unicef daté du 10 décembre, près de 50.000 personnes ont perdu leur habitat sur l'archipel à la suite du passage du cyclone Chido.

Un hôpital de campagne pour soigner les nombreux blessés
Les pluies, intenses, se sont aussi infiltrées dans les bâtiments, comme à l'intérieur du centre hospitalier mahorais, où les médecins de la maternité de Mamoudzou, plus grande d'Europe, avaient les pieds dans l'eau. D'après Météo France, il serait tombé "176 millimètres de pluie en 12 heures".
En partie endommagé, le centre hospitalier de Mayotte accusait de forts retards et une longue file d'attente. Pour désengorger l'établissement, un hôpital de campagne a été installé au stade de Cavani à Mamoudzou une dizaine de jours après la catastrophe. Composé d'une trentaine de tentes et d'une cinquantaine de secouristes, l'hôpital avait déjà consulté 520 patients sur les 36 premières heures de son ouverture.

Dans un département déjà marqué par une forte non-scolarisation, le cyclone Chido n'a rien arrangé. Avant la catastrophe, entre 5.379 et 9.575 enfants de 3 à 15 ans n'étaient pas inscrits à l'école, d'après les chiffres de l'Unicef. Une situation aggravée par les 40% d'établissements scolaires détruits ou endommagés par le cyclone. L'ONG s'inquiète dans son rapport d'un "retard massif dans l’apprentissage pour de nombreux enfants supplémentaires".

Aujourd'hui, le bilan officiel -mais contesté- de Chido est lourd: près de 40 morts et des milliers de blessés. Avant le passage du cyclone, environ 100.000 personnes logeant dans des "habitations non-solides", comme des maisons en tôle, avaient été mises à l'abri dans plus de 70 centres d'hébergement d'urgence.
Une "loi spéciale" annoncée par Emmanuel Macron
Quelques jours après le passage du cyclone, Emmanuel Macron annonçait se rendre sur place les 19 et 20 décembre. À Mayotte, le président de la République avait promis une "loi spéciale" pour la reconstruction de l'archipel, en simplifiant notamment les textes et les procédures dans le but de "faciliter la mise en place des mesures d’urgence".
Durant ces deux jours de constatations, Emmanuel Macron avait aussi partagé son intention de "mettre fin" aux bidonvilles, en supprimant ces habitats jugés "indignes" et "dangereux". Dans le même temps, le chef de l'État poussait pour "renforcer la lutte contre l'immigration clandestine", venant notamment des Comores voisines.

"On a été capable de rebâtir Notre-Dame en cinq ans. Ce serait quand même un drame que l’on n’arrive pas à rebâtir Mayotte avec les Mahorais", confiait Emmanuel Macron au cours de l'un de ses échanges avec les habitants. Pourtant, un an après la catastrophe, l'évolution reste marginale. Entre la délinquance, le mal-logement et la non-scolarisation, Mayotte, plus pauvre département français, essaye tant bien que mal de garder espoir.












