Jusqu'à -15°C par rapport à cette semaine: comment expliquer un tel rafraîchissement des températures ces prochains jours?

Photo d'illustration - PHILIPPE DESMAZES / AFP
Vous n'aviez pas encore eu l'occasion de sortir la doudoune et le bonnet du placard? Il va bientôt être temps de les sortir de leur retraite. Après des journées placées sous le sceau d'une douceur remarquable, les températures vont amorcer ce week-end une chute qui devrait se poursuivre jusqu'en milieu de la semaine prochaine. Au final, d'ici le jeudi 20 novembre, les thermomètres afficheront de 10 à 15°C en moins par rapport à ce vendredi 14 novembre.
Pour comprendre une telle baisse du mercure, il faut commencer par souligner qu'il était anormalement élevé ces derniers jours, dépassant les normales de saison de 5 à 8°C voire 10°C localement, notait Météo France jeudi. Ce vendredi, l'institut météorologique prévoyait encore jusqu'à 19°C à Paris, 21°C à Nantes, 22°C à Marseille et 24°C à Biarritz.
"Le vent va tourner de 180°"
La bouffée de chaleur de la semaine écoulée a été provoquée par la "Claudia", une dépression qui a fait remonter une masse d'air chaud depuis le nord-ouest de l'Afrique avant de passer par la péninsule ibérique puis de se positionner sur la France. Son influence s'est particulièrement fait ressentir dans le Sud-Ouest en raison de l'effet de Foehn, qui voit l'air se réchauffer et s'assécher en franchissant les reliefs, c'est-à-dire les monts pyrénéens dans ce cas de figure.
Un changement radical de scénario est donc à attendre pour le début de semaine prochaine. "On passe d'un extrême à l'autre. Le vent va tourner de 180°, d'une dominante sud à une dominante nord. Nous allons donc passer d'une masse d'air doux à une masse d'air polaire", résume pour BFMTV Christelle Robert, prévisionniste à Météo France.
Les effets de cette bascule se feront ressentir dès lundi avec des températures inférieures aux moyennes de saison sur la moitié nord. L'air frais va ensuite "continuer de s'enfoncer et les températures passeront également sous les moyennes de saison dans la moitié sud", ajoute Christelle Robert.
"Quelques flocons" en plaine
Des sommets du Jura et des Alpes seront ainsi le théâtre de chutes de neige lundi. Des flocons pourront tomber à 1.200 mètres d'altitude sur le massif du Jura et à 1.800 mètres d'altitude sur le massif alpin. Doit-on même s'attendre à voir de la poudreuse blanchir les paysages en plaine? Difficile à dire, selon Christelle Robert, qui n'exclut pas pour autant cette éventualité, notamment pour la journée de jeudi avec de possibles chutes de neige en plaine dans le Centre-Est.
Mais si cela était amené à se produire, "ce ne serait vraiment que quelques flocons", précise la prévisionniste.
Plus certaine est l'arrivée des premières gelées en plaine dès la journée de mardi. Elles devraient être généralisées du Massif central au Nord-Est et se matérialiser aussi sur la région Centre et une partie de l'Île-de-France.
La baisse des températures, particulièrement marquée sur les régions du Nord-Est et du Massif central, devrait conduire à une journée du jeudi 20 novembre "'froide à l'échelle du pays" avec des minimales négatives à Limoges ou Belfort. Et les températures n'en auront pas terminé avec leur dégringolade. Christelle Robert prévient: "La baisse des températures sera continue jusqu'au week-end" du samedi 22 et dimanche 23 novembre, journées agrémentées de gelées à la fois plus fréquentes et plus marquées.
Le froid régnant la semaine prochaine ne sera cependant pas nécessairement un prélude à la saison hivernale dans son entièreté. Le 24 octobre dernier, dans les tendances dressées pour les mois de novembre à janvier, Météo France estimait que "le scénario plus chaud que la normale est le plus probable pour la France et plus généralement sur toute l'Europe" bien que "des épisodes ponctuels plus frais ne sont pas exclus".
La probabilité d'un tel scénario était de 50%, contre 25% pour un trimestre marqué par des températures conformes aux normales et 25% pour un mercure moins élevé que les normales. Comme le rappelle Christelle Robert, ces chiffres ne donnent pas "d'informations très nettes" car les températures normales en question sont les moyennes calculées de 1991 à 2020. "Et dans le contexte du changement climatique, il est 'facile' d'être au-dessus des moyennes", remarque-t-elle.












