Pénurie de carburant: les soignants des Bouches-du-Rhône demandent la priorité dans les stations essence

Des étiquettes "hors service", des pompes bloquées par de gros rubans, des stations à sec. Dans les Bouches-du-Rhône, il devient de plus en plus difficile de trouver du carburant.
À tel point que les professionnels s'inquiètent de ne plus pouvoir se déplacer, en particulier ceux du domaine de la santé.
Le syndicat SUD Santé des Bouches-du-Rhône a adressé jeudi une lettre au préfet des Bouches-du-Rhône et au nouveau président de l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur pour demander "une priorité et des facilités pour se fournir en essence" pour les agents hospitaliers.
"Bientôt dans l'impossibilité" de se rendre sur leur lieu de travail
Médecins, infirmiers, kinésithérapeute... Tous les professionnels de santé craignent désormais de ne plus pouvoir se rendre à leur cabinet, ou bien au domicile de leurs patients.
"Beaucoup d'entre nous allons bientôt être dans l'impossibilité de nous déplacer sur notre lieu de travail, ce qui mettrait en péril (...) la bonne prise en charge des patients", écrit le syndicat dans son courrier.
Ils demandent donc des actions concrètes pour être prioritaires sur le peu de carburant disponible.
Des mesures qui ont déjà été prises dans d'autres régions, comme dans les Hauts-de-France, où les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont demandé mercredi à plusieurs stations d'instaurer "un accès prioritaire" pour les véhicules de secours, ou même les services de transports scolaires.
Le mouvement de grève se poursuit dans les raffineries
Depuis plusieurs jours, les stations-services des Bouches-du-Rhône, en particulier les stations Total, se retrouvent à sec les unes après les autres. En cause, une réduction de 18 centimes au litre de carburant que le groupe a instauré début septembre, qui a provoqué une ruée vers les stations Total.
Un mouvement de grève touche également les raffineries du pays depuis quelques jours, notamment celle de Fos-sur-Mer, et qui concerne surtout les groupes Total et Esso.
"Aucune goutte de carburant ne sort des raffineries, que ce soit par camions, par wagons, par pipe, ou même par bateau. Ce sont des protocoles de grève signés avec la direction", expliquait jeudi Lionel Arbiol, délégué syndical CGT du groupe Esso à Fos-sur-Mer.
Et le représentant syndical n'est pas très optimiste sur la fin du mouvement social. "Ce n’est pas interdit que le mouvement dure dans le temps, d’autant plus que nos camarades de Total étant dans un mouvement reconductible, il est peut-être à prévoir qu’il y ait encore des perturbations pendant encore quelques jours et de nombreuses semaines sur la distribution de carburant."
Un phénomène que le gouvernement, et le groupe TotalEnergies, refusent de qualifier de "pénurie" pour le moment. "Il n’y a pas de manque de carburants car TotalEnergies a constitué des stocks et procède actuellement à des imports réguliers", assurait le groupe il y a quelques jours.













