BFM Marseille

Marseille : les habitants du quartier Font-Vert disent non au relogement de Roms

BFM Marseille Par Julian Mancini avec N.G.
Les habitants d'un campement de Roms à Marseille (image d'illustration)

Les habitants d'un campement de Roms à Marseille (image d'illustration) - FRANCK PENNANT / AFP

Téléchargez la nouvelle application BFM
Une soixantaine de familles roms doivent quitter le squat Cazemajou prochainement. Le quartier Font-Vert, très touché par la pauvreté, devait les accueillir d'ici à la fin de l'année. Mais habitants et élus politiques ne sont pas de cet avis.

Carcasse de voiture calcinée, frigo en travers de la route. Le message est clair: pour les habitants, hors de question que les roms viennent s'installer dans le quartier. "C'est très chaud sur Font-Vert. Rajouter 200 Roms, il y aura de très gros problèmes. On connait les quartiers, on y vit. Et en ce moment, les quartiers sont des bombes à retardement", prévient Eric, un habitant du quartier.

D'ici à la fin de l'année, la préfecture et les collectivités locales prévoient de reloger une soixantaine de familles Roms, actuellement installées dans le squat Cazemajou, qui doit être détruit pour laisser place à une nouvelle ligne de tramway. Mais les autorités ont l'obligation de reloger les populations. Et c'est un stade délabré, quartier du Font-Vert, près d'une décharge, qui aurait été choisi.

Un projet encore au stade embryonnaire, selon la préfecture

"On les aime bien. Ce sont des gens qu'on apprécie. Mais ici, on n'en veut pas", lance Djafar, un jeune habitant du quartier.

Du côté de la préfecture des Bouches-du-Rhône, rien n'est officiel. "Une réflexion est menée (...) pour définir toute piste possible dans la perspective du nécessaire démantèlement du site à venir", affirme-t-elle.

Quoi qu'il en soit, certains élus sont déjà vent debout contre cette éventualité. Nora Preziosi, vice-présidente LR des Bouches-du-Rhône, veut éviter à tout prix de reproduire le scénario de 2012, lorsqu'un camp de Roms s'était installé non loin de là. Il avait alors été incendié.

"Les jeunes les ont fait partir, parce que les mamans ne pouvaient plus sortir. La misère avec la misère, ça suffit !", martèle l'élu.

Pour les autorités, il va falloir faire vite pour trouver une solution. Les travaux de construction de la nouvelle ligne de tramway doivent commencer début 2022.