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Marseille: menacés d'expulsion d'un squat, de jeunes migrants s'installent sur la Canebière

BFM Marseille Manon Mugica avec Amaury Tremblay
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Pour protester contre la menace d'expulsion de leur squat, plusieurs dizaines de jeunes migrants ont pris place dans un kiosque sur la Canebière à Marseille.

Depuis quelques jours, plusieurs dizaines de jeunes migrants se sont installés dans un kiosque à musique en haut de la Canebière à Marseille. Ils ont déployé leur tente et des banderoles ont été tendues dénonçant des "mineurs à la rue", a constaté sur place BFM Marseille Provence.

Le département pointé du doigt

Auparavant, ces jeunes s'étaient installés dans deux immeubles qu'ils squattaient depuis plusieurs mois, là aussi sur la Canebière. Sauf que des rumeurs d'une expulsion des lieux par les autorités a entraîné leur départ pour s'installer, quelques mètres plus loin, dans le kiosque.

Pour ces jeunes, il s'agit aussi d'alerter les passants comme les pouvoirs publics sur leur situation. "Nous sommes des mineurs non accompagnés", est-il indiqué sur une banderole tandis qu'une autre met en cause le département des Bouches-du-Rhône et sa présidente, Martine Vassal.

La prise en charge des mineurs non accompagnés relève de cette collectivité qui s'explique par voie de communiqué. "Les évaluations ont conclu que les jeunes étaient majeurs", répond le département.

"Comme dans tout mouvement de ce type, on ne peut pas totalement exclure qu'une ou deux personnes se déclarant mineures non connues des services soient présentes", poursuit le département des Bouches-du-Rhône.

Les associations défendent la "présomption de minorité"

Des recours ont été déposés par la justice concernant l'évaluation de l'âge de plusieurs de ces migrants. En attendant une éventuelle décision, des collectifs venant en aide aux migrants demandent que la "présomption de minorité" soit appliquée. Ce principe permet l'ouverture de droits à l'hébergement et à la scolarisation.

De son côté, le département répond et insiste en affirmant que ses "compétences ne concernent pas les adultes présents" et qu'il revient à la justice de "trancher la question" concernant l'évaluation de leur âge.

Seule la situation des jeunes non connus des services et présents dans le kiosque sera évaluée et, "dans ce cas, l'ADDAP les mettra à l'abri le temps de l'évaluation". L'ADDAP, l'association départementale pour le développement des actions de prévention étant l'organisme qui prend en charge les mineurs non accompagnés dans les Bouches-du-Rhône.