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Marseille: comment s'organise le départ des réfugiés ukrainiens du ferry Méditerranée?

BFM Marseille Gauthier Hartmann
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Les centaines de réfugiés ukrainiens qui vivaient à bord du ferry installé au quai de la Joliette doivent quitter définitivement les lieux ce vendredi soir.

Il va larguer les amarres et reprendre la mer. Le ferry Méditerranée, qui accueillait à son bord depuis plus de deux mois des réfugiés ukrainiens, a achevé sa mission.

Dans les premières semaines qui avaient suivi l'invasion russe en Ukraine, ce navire de la compagnie Corsica Linea avait été réaménagé afin de servir d'hôtel à des centaines d’Ukrainiens ayant fui leur pays. Installé au quai de la Joliette à Marseille, le ferry comptait à bord des espaces de restauration, des espaces de jeux, une crèche ou encore un cinéma en plus des 500 cabines du navire.

Ce week-end, le ferry va reprendre sa fonction initiale de transport avec une traversée vers l'Algérie. Les réfugiés présents à bord doivent quitter les lieux avant ce vendredi soir.

• Combien de personnes sont encore à bord?

Alors que l'heure du départ approche, ils étaient encore plus de 460 réfugiés à se trouver à bord ce jeudi soir, selon la préfecture. Plus de 200 réfugiés étaient déjà partis ces derniers jours.

Au plus fort de son activité, ce sont plus de 900 personnes qui ont pu être accueillies sur Le Méditerranée, considéré à son lancement comme le plus grand centre pour réfugiés ukrainiens de France.

• Où vont aller les réfugiés qui quittent Le Méditerranée?

Le relogement des occupants du bateau installé à Marseille a déjà débuté. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, les opérations visant à trouver aux réfugiés un nouvel hébergement ont commencé au mois de mai. Celles-ci ont déjà permis de trouver un nouveau logement à plus de 410 personnes dans d'autres régions françaises.

L'Occitanie a été la plus sollicitée puisqu'elle accueille plus de la majorité de ces réfugiés. Les villes de Lourdes et Argelès-sur-Mer ont notamment été plébiscitées. Un quart ont été dirigés en Auvergne Rhône-Alpes, principalement dans les villes de Valence, Firminy ou Clermont-Ferrand. Certains Ukrainiens ont été invités à s'installer en Bourgogne Franche-Comté et en Nouvelle-Aquitaine.

"Les réorientations ont été réalisées en respectant le souhait des personnes et la composition des unités familiales (...) Les personnes conservent l’ensemble de leurs droits et de leurs prestations déjà acquises", précise la préfecture qui indique que l'accompagnement social des associations se poursuivra dans les nouveaux lieux de vie.

Dans leurs nouvelles régions d'accueil, la majorité des Ukrainiens sont logés dans des habitations personnelles adaptées à la taille de chaque famille. La préfecture assure que les personnes ayant pour le moment une solution d'hébergement temporaire auront "très rapidement" un logement pérenne.

• Pourquoi le relogement ne se fait-il pas à Marseille?

La préfecture rappelle que la solution d'hébergement au sein du ferry Méditerranée avait été, dès le début, considérée comme provisoire et que l'échéance de fin d'accueil était connue.

Aujourd'hui, un dispositif d'accueil aussi conséquent, dans les mêmes conditions, ne serait pas possible dans la cité phocéenne, la préfecture rappelant la ”situation très tendue en matière d’hébergement et d’accès au logement” à Marseille.

Les autorités avaient, pendant un temps, envisagé la possibilité de louer un nouveau ferry pour remplacer celui de Corsica Linea. Les services de l'Etat ont finalement opté pour une solution offrant des logements plus stables et durables aux réfugiés, ce qui n'était possible que dans d'autres régions.

L'objectif est "de favoriser l’accès de ces personnes à l’emploi et de leur offrir une plus grande qualité de vie et des perspectives d’insertion plus favorables et dans la durée", justifie la préfecture.

• Certaines personnes vont-elles rester à Marseille?

Si des centaines de personnes ont accepté l'offre de relogement proposée par l'Etat, environ 400 personnes n'ont pas encore pris de décision. Alors qu'ils devront tous avoir quitté le bateau dans les prochaines heures, un hébergement d'urgence les attend pour l'heure.

Les Ukrainiens encore indécis seront relogés dans des hôtels, des résidences d'accueil voire même des gymnases si cela est nécessaire, "le temps de leur réorientation, qui se fera comme pour tous les autres ressortissants ukrainiens, de préférence hors des Bouches-du-Rhône dans des logements ou hébergements d’ores et déjà identifiés", indique la préfecture.

Certains cas particuliers subsistent toutefois. C'est le cas des personnes ne pouvant pas quitter la ville en raison de lourds problèmes de santé ou d'un handicap nécessitant une continuité des soins et de prise en charge.

Par ailleurs, plus de 40 Ukrainiens résidant au Méditerranée ont réussi à trouver un emploi ces dernières semaines. Afin de leur permettre de garder leur travail, ces personnes seront relogées dans le secteur de Marseille.

• Que vont devenir les nouveaux réfugiés arrivant à Marseille?

Ces derniers temps, d'autres réfugiés ukrainiens sont arrivés à Marseille et devraient continuer à venir dans les prochaines semaines.

Alors que l'hébergement principal de la ville va disparaître, la préfecture explique que ces personnes seront dans un premier temps accueillies dans des hôtels ou dans d'autres hébergements temporaires. "Le gymnase Ruffi reste le premier point d’accueil de tous les nouveaux arrivants", souligne la préfecture.

Ils seront ensuite réorientés vers d'autres régions ayant plus de capacités d'accueil que la région Sud où de nombreux réfugiés ukrainiens sont venus trouver refuge depuis le début du conflit.

Le 24 mai dernier, le préfet Joseph Zimet, en charge de la cellule interministérielle de crise, indiquait à Libération que depuis le début du conflit, 93.000 réfugiés ukrainiens ont été accueillis en France sur les 6,5 millions qui ont quitté leur pays en guerre.