Auto-écoles: une opération escargot entre Marseille et Vitrolles ce lundi

Les girophares et les klaxons résonnent pendant plus de deux heures entre la place Castellane et l'avenue du Prado. Sur la file de droite, plus d'une centaine de véhicules est stationnée en fin de matinée.
Le tout sous le regard vigilant des passants et des maraîchers installés sur le trottoir à proximité. Après les manifestations des taxis en septembre dernier et quelques barricades brûlées, la mobilisation des auto-écoles est scrutée à plus d'un titre.
Aux alentours de 10h ce lundi, 142 véhicules sont partis depuis le boulevard de l’Europe à Vitrolles. Objectif: opération escargot sur l'autoroute A7, avec quelques ralentissements à 20km/h sans trop bloquer l'ensemble des voies. Si on est loin du blocage total, Rani Merabet, responsable de l'auto-école ECF à Toulon, n'en oublie pas l'urgence de la situation. "On revendique l'aide de l'Etat pour avoir plus de moyens, avoir plus d'inspecteurs pour réduire les délais d'attente entre le passage de permis et le repassage d'examen".
Si les réformes du permis de conduire s'enchaînent, elles ne parviennent à résorber un problème majeur qui touche les Bouches-du-Rhône. Selon les dernières données fournies par Ornikar, le département dépasse allègrement les 90 jours d'attente avant l'obtention d'une date d'examen.
Jusqu'à 5 mois d'attente selon les moniteurs d'auto-école mobilisés ce lundi. Pire, en cas d'échec, le candidat voit la perspective d'un nouvel date de permis rallongée à plusieurs mois. "Dans le département, on constate une augmentation du nombre d'inscrits de l'ordre de 15% à 16% depuis cinq ans" rappelle Frédéric March, délégué syndical du SNICA-FO des Bouches-du-Rhône.
150 inspecteurs du permis de conduire espérés pour redresser la barre
Face à cet engorgement, les professionnels exigent plusieurs avancées. À commencer par le recrutement de 150 inspecteurs et de 20 délégués à l'échelle nationale. Mais aussi renforcer les chances de succès à l'examen des candidats. Grâce à la création d'un test de fin de formation et l'instauration d'une formation minimale de 28 heures de conduite.
Des revendications exprimées par les syndicats ce lundi après-midi en préfecture, reçus par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Georges François Leclerc. "On a été écouté, entendus. On souhaite que l'information remonte au ministère de l'intérieur. On espère qu'ils vont prendre des décisions pour régler définitivement ces problèmes" analyse Patrick Mirouse, président du groupe ECF, à la sortie de la préfecture.
Pour l'heure, aucune autre mobilisation n'est attendue dans le département dans les prochains jours.













