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Arles: le projet de contournement autoroutier contesté par associations et riverains

BFM Marseille Francesco Carvelli avec Marine Langlois
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Pour désengorger la RN113, un projet de création d'un axe autoroutier passant par le sud d'Arles est à l'étude. Mais son tracé est contesté par les associations de protection de l'environnement et du patrimoine. L'animateur Stéphane Bern est aussi monté au créneau.

Un projet qui n'est pas du goût de tout le monde. La ville d'Arles dans les Bouches-du-Rhône, est régulièrement saturée par le trafic. Pour y remédier et surtout désengorger la nationale 113, un projet de contournement autoroutier est en cours avec la construction d'un nouvel axe au sud de la ville.

"Le projet de contournement autoroutier d’Arles consiste à terminer la liaison autoroutière sur l’axe méditerranéen entre l’Espagne et l’Italie (A9-A54-A7-A8), par une section autoroutière d’environ 26 km entre le péage d’Eyminy à l’Ouest d’Arles et le péage de Saint‑Martin‑de‑Crau", explique la préfecture de Provence-Alpes-Côte d'Azur sur son site.

Seulement, ce contournement n'est pas du goût de tout le monde notamment à cause de son tracé. La nouvelle autoroute devrait traverser la Camargue mais également la plaine de la Crau, ce qui met en colère les défenseurs de l'environnement, ceux du patrimoine ainsi que les riverains.

Le projet de contournement autoroutier de la ville d'Arles.
Le projet de contournement autoroutier de la ville d'Arles. © Préfecture PACA

"Intolérable", "invivable", "dramatique"

C'est le cas d'Hélène dont le domaine se trouve à quelques mètres de ce potentiel axe. Avec ce tracé, sa bergerie, ses terres agricoles et son mas se retrouvent menacés. La riveraine estime que "le bruit va être intolérable (...) invivable" et qu'elle ne pourra "plus vivre" sur ses terres, explique-t-elle à BFM Marseille Provence.

Son cas n'est pas isolé comme l'assure la vice-présidente d'Arles Camargue Environnement et Nature (ACEN), Marie-Hélène Bousquet-Fabre, pour qui ce projet est une aberration environnementale.

"Toutes ces propriétés, les mas, qui vont être traversés par ce projet d'autoroute vont être complètement bousillés. Les moutons ne pourront plus paturer, les taureaux, les chevaux non plus. Il y a des réactions en chaîne qui font que ça va être dramatique si on continue dans cette voie", affirme-t-elle.

L'association peut compter sur un soutien de taille, le journaliste Stéphane Bern, très impliqué dans les questions de patrimoine. Il a pris position sur Twitter en déclarant: "Arrêtons le massacre de la biodiversité, du patrimoine paysager et historique de la Camargue, réserve de biosphère de l'Unesco gravement menacée par le contournement autoroutier d’Arles."

Enquête d'utilité publique

Un message qui a fait réagir le maire d'Arles, Patrick de Carolis, car du côté de la municipalité, on estime que les Arlésiens et notamment ceux à proximité de la RN113 souffrent déjà.

"Sais-tu aussi que le tracé du projet ne traverse en aucun cas le périmètre du Parc Naturel de Camargue? Sais-tu qu’à l’heure actuelle la santé de +5000 Arlésiens qui vivent à -150 mètres de la RN113 actuelle est menacée? Sais-tu que nous y recensons +200 accidents par an? Enfin, sais-tu que cette RN113 isole totalement un quartier défavorisé (Barriol) du reste de notre ville ?", a répondu le maire d'Arles à Stéphane Bern.

Même son de cloche chez sa collègue Marie-Amélie Ferrand Coccia, conseillère municipale déléguée au transport et à la mobilité de la ville d'Arles. "Le problème de Stéphane Bern n'est pas le même que les habitants qui habitent à moins de 500 mètres de la RN et globalement de tous les Arlésiens qui pâtissent quotidiennement des problématiques de trafic", lance-t-elle sur BFM Marseille.

Une enquête d'utilité publique sur ce projet de contournement sera lancée fin 2022, début 2023. Si elle est validée, les travaux ne devraient pas commencer avant 2025 avec une mise en service de l'axe, au mieux en 2028.