Un reconfinement inéluctable dans le Rhône? Ce que disent les chiffres de l'épidémie de Covid-19

Le département du Rhône est sur une ligne de crête. Depuis le début du mois de mars, la situation sanitaire s'est considérablement aggravée dans le département. La mise en place de nouvelles restrictions, comme en Île-de-France ou les Hauts-de-France, semble inéluctable pour certains soignants.
"La situation est inquiétante, les chiffres montent rapidement (...) si on ne fait rien on va vers une catastrophe, c'est-à-dire l'embouteillage des services d'urgence et de réanimation", a affirmé sur BFMTV ce mardi le docteur Vincent Rébeillé-Borgella, secrétaire général de l'URPS Auvergne-Rhône-Alpes.
Selon le médecin généraliste, il faut prendre "au minimum les mêmes mesures" que dans les 16 départements reconfinés depuis ce week-end, "mais il faut aller plus loin".
"Il va falloir limiter au moins les déplacements inter-régions (...) un confinement plus dur serait hyper mal vécu par la population qui est déjà en extrême souffrance", indique pour sa part Guylaine Ferré, présidente du syndicat MG69.
Un taux d'incidence en forte hausse
Dans le Rhône, en moins d'un mois, le taux d'incidence est passé de 250 à 375 cas pour 100.000 habitants, selon les chiffres de Santé Publique France. Alors que le Covid-19 progresse sur tout le territoire, cette augmentation est plus rapide que la moyenne nationale.
Ce niveau est par ailleurs largement supérieur au premier seuil d'alerte de 250 mis en place par le gouvernement. Il s'approche aussi rapidement de la barre des 400 fixé par le Premier ministre Jean Castex avant d'adopter de nouvelles mesures en Île-de-France la semaine dernière.
De plus en plus de patients en réanimation
Autre indicateur observé de très près par les autorités pour prononcer de nouvelles restrictions, la tension hospitalière est de 97% dans le Rhône, indique le site CovidTracker. Selon les données de Santé Publique France, il y a désormais 188 patients en réanimations dans le département. Depuis mi-mars, ce nombre a augmenté sans discontinuer.
"Dès lors que le taux d'incidence augmente depuis deux semaines, c'est plutôt prédictif d'une pression hospitalière accrue dans les 7 à 14 jours qui viennent", prévenait la semaine dernière sur BFM Lyon le directeur des Hospices civiles de Lyon Raymond Le Moign.
Si de nouvelles ouvertures de lits de réanimation sont encore possibles, elles se feront "au prix d'une déprogrammation massive", avait-il ajouté. Aux HCL, déjà 20% de l'activité avait déjà dû être déprogrammée pour équiper 40 lits supplémentaires.













