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Rhône: avec la sécheresse, la production hydroélectrique est en baisse

BFM Lyon Damien Charton, Louis Léger avec Laurène Rocheteau
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Au barrage de Pierre-Bénite, la production d'hydroélectricité est en baisse de 25% par rapport à un mois de juillet normal. La Compagnie Nationale du Rhône craint une diminution à long terme du débit du fleuve.

C'est l'une des conséquences de la sécheresse. Avec un taux de précipitations particulièrement bas depuis le début de l'année, le niveau du Rhône est en baisse. Une diminution qui a un impact direct sur la production d'hydroélectricité, car un niveau plus bas signifie moins de débit dans les turbines pour produire de l'électricité.

"Le mois de mai, qui est habituellement un mois très humide, a été très sec," explique Pierre-Jean Grangette, directeur de la Valorisation de l'Énergie pour la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) au micro de BFM Lyon. "Là, on a un déficit qui a été très marqué, qui a été rattrapé légèrement sur le mois de juin, mais qui ne permet pas de compenser le retard, et globalement, on est encore à plus de 30% de déficit à la fin juillet."

Au barrage de Pierre-Bénite, exploité par la CNR, la production électrique est en baisse de 25% par rapport à un mois de juillet normal.

Jusqu'à 40% de débit en moins d'ici 2050

Les barrages installés sur le Rhône, comme celui de Pierre-Bénite, jouent un rôle dans la régulation du débit du fleuve.

"Le Rhône est équipé d’aménagements qui sont au fil de l’eau", explique Pierre-Jean Grangette. "Donc on gère les aménagements et les débits tout en respectant les codes d’exploitation pour la navigation, pour la sûreté hydraulique. Tout en respectant ces codes, on gère la quantité d’eau qui arrive."

Même si le barrage permet de contrôler en partie le niveau du Rhône, la quantité d'eau disponible au barrage de Pierre-Bénite est tout de même moins importante qu'à l'ordinaire, une conséquence directe du déficit de pluviométrie enregistré depuis le début de l'année.

"Aujourd'hui, on est sur un débit moyen qui est d’environ 400 m3/seconde, on peut dire que dans la normale, on devrait être à 600, 650 m3/seconde. Si on prend l’année dernière, on était à plus de 4.000, mais pour rappel, le mois de juillet l'année dernière était exceptionnel, avec une crue qu’on avait rarement vue sur un mois de juillet."

La CNR, deuxième producteur français d'hydroélectricité, encaisse une baisse de 25% de sa production par rapport à sa moyenne historique.

La compagnie craint que cela ne devienne un problème récurrent. Avec le changement climatique, elle anticipe une baisse du débit du Rhône de 10 à 40% d'ici 2050.